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Al Adl Wal Ihsane tenté par la création d’un parti islamiste en Espagne ?

En 2009, l’Espagne avait autorisé la création d’un parti islamiste. Une expérience de courte durée. Un nouveau projet pointe le bout de son nez, avec l’influence de Al Adl Wal Ihsane. 

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Mounir Benjelloun, président de la FEERI / Ph. Feeri.es
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A la veille de la commémoration des attentats terroristes de Barcelone et Cambrils, revient sur le devant de la scène la question de la représentativité des musulmans en Espagne. L’idée de constituer un parti pour les membres de cette communauté est relancée.

Une nouvelle fois, la FEERI (Fédération des entités étatiques religieuses islamiques) est pointée pour être derrière le projet. En 2009, le vice-président de l’organisation, Mostapha Bakkache El Amrani, un Espagnol d’origine marocaine, natif de Tanger, avait créé la première formation islamiste chez le voisin ibérique : le Parti de la Renaissance et de l’Union de l’Espagne.

Le "PRUNE" avait même pris part aux élections municipales de 2011. Néanmoins, la même année, le décès de son fondateur d’une crise cardiaque, a seulement 47 ans, avait précipité la disparition de la formation du paysage politique. Celle-ci était longtemps accusée par les médias locaux d’être à la solde de l’Etat marocain.

La main d’Al Adl Wal Ihsane ?

Sept ans après cette expérience inédite dans un Etat où la religion chrétienne est fortement présente comptant des relais en politique et dans les médias, la FEERI est tentée par une réédition. Les règles du jeu et les acteurs ont entre temps bien changé. Depuis l’automne 2011, avec l’élection à sa tête de Mounir Benjelloun, la Fédération n’est plus sous la tutelle de Rabat mais plutôt sous le giron d’Al Adl Wal Ihsane.

Et ce n’est d’ailleurs pas le seul développement à noter. Les relations entre l’organisation et le pouvoir espagnol ont également changé. L’entente entre les deux parties, qui a suivi l’éviction de Hamed Ali en 2011, jugé trop pro-Maroc, est révolue. En témoigne, la décision du gouvernement Rajoy en 2015 de confier les commandes de la Commission Islamique en Espagne, censée être un cadre unique pour le culte musulman, à Riay Tatari, d’origine syrienne et président de l’Union des Communautés Islamiques d’Espagne (UCIDE), la grande rivale de la FEERI.

En mars 2017, dans une lettre adressée au roi Felipe VI, Mounir Benjelloun n’avait pas hésité à remettre en question la représentativité de la Commission Islamique en Espagne de presque 2 millions de musulmans vivant dans ce pays.

«Nous appuyons les initiatives qui défendent la communauté musulmane. Et si un parti voit le jour pour défendre nos droits, nous appellerons alors à voter en sa faveur», indiquent des sources au sein de la FERRI dans des déclarations à la publication en ligne ECD.

C’est dans ce contexte que s’inscrit la relance de la création d’une formation islamiste chez le voisin ibérique. Reste à savoir si les autorités de Madrid donneront leur feu vert à une telle enseigne politique et quel sera alors l’accueil des Espagnols de confession musulman pour ce parti...

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