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Economie Publié

Invasion de cochenille du cactus au Maroc : «L’ONSSA devait réagir en 2014»

Si la cochenille du cactus fait autant de ravages au Maroc, «c’est à cause de l’inaction de l’ONSSA dès les premiers signes», pointe du doigt un expert de la question.

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Cochenille du Cactus./Ph.DR

Depuis 2014, la culture de figues de barbarie au Maroc est menacée par un insecte hémiptère, le Dactylopius ou et le Dactylopius opuntiae, communément appelé la cochenille du Cactus. Actuellement, la menace persiste toujours après l’annonce de la détection de l’insecte au Sud du Maroc.

Bien que l’on parle généralement de l’année 2015, comme celle de l’apparition de l’insecte dans nos cultures, un expert sous couvert d’anonymat, nous précise qu’ «il est difficile de dire avec précision comment l’insecte s’est introduit au Maroc, mais on a tendance à croire que ces insectes ravageurs nous sont parvenus de l’Espagne probablement en octobre 2014».

La faute à l’ONSSA ?

Les informations disponibles indique une première apparition de l'insecte au Douar Saniat Berguig (province de Sidi Bennour). La suite de l’histoire est tristement connue : la cochenille s’est rapidement installée dans plusieurs régions du royaume.

Si en 2017, un budget de 80 millions de dirhams a été débloqué pour lutter contre le fléau, notre interlocuteur affirme qu’ «il était malheureusement déjà trop tard».

«L’erreur fondamentale qui a été faite en 2014, est le retard à l'allumage de l’ONSSA, alors que la cochenille du cactus représente une menace. Pourquoi ont-ils laissé ce fléau partir de Sidi Bennour pour envahir les différentes régions jusqu’à Sidi Ifni ?»

Au tout début de l’année 2018, un foyer a même été détecté dans la région de l’Oriental, dans la province de Taourirt plus précisément, mais il semble avoir été éradiqué. Récemment dans la province de Sidi Ifni, des plantations de cactus infectées par la cochenille ont été découvertes au niveau du douar Ifiyoul, dans la localité de Sbouya, rapporte le quotidien Les Ecos. Comme le préconise l’Office National de Sécurité Sanitaire des produits Alimentaires (ONSSA), dès l’apparition de cet insecte sur le cactus, les plantations doivent être arrachées et détruites immédiatement. 

Nécessité d’une restructuration de la filière

Contacté par Yabiladi, Abderrahmane Ait Hamou, ingénieur agronome et expert en culture de cactus explique que «les efforts doivent être multipliés surtout au niveau de la sensibilisation et la prévention». De plus, l’expert souligne que des contrôles et un suivi doivent obligatoirement se faire : «Les camions transporteurs de figues doivent être contrôlés et doivent disposer d’un 'passeport sanitaire' attestant que toutes les mesures de prévention ont été prises».

Comme le rappelle Abderrahmane Ait Hamou, «les figues issues de vergers infestés ne présent aucun danger pour les consommateurs», mais il s’agit bien «d’un fléau qui pèse sur tout l’ensemble de la culture de la figue de barbarie dans le pays» et peut impacter lourdement les fellahs qui dépendent de cette culture.

Une des solutions préconisées par le spécialiste est de faire participer tous les acteurs de la filière pour une restructuration de cette dernière. Par ailleurs, le chercheur estime «qu’il est temps de penser à créer une structure nationale (observatoire ou agence) de biosécurité pour protéger notre pays des multiples aléas biologiques».

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