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Migration : Pedro Sànchez expérimente une vielle recette de Zapatero qui a fait ses preuves

Comme en 2005, la migration offre à l’Espagne de Pedro Sànchez une occasion de réclamer davantage de soutien financier à l’Union européenne. Et comme en 2005, cette politique s’appuie, en partie, sur l’engagement du Maroc.  

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Pedro Sànchez en compagnie de José Luis Rodríguez Zapatero, ancien président du gouvernement d'Espagne. / Ph. DR

Le gouvernement espagnol persiste et signe. Si les autres pays de l’Union européenne ferment leurs ports devant les bateaux d’ONG (tels l'Aquarius ou l'Open arms) avec à leurs bord des dizaines de migrants, Madrid les accueille avec le sourire en plus.

Pour répondre aux demandes pressantes des associations qui sillonnent les eaux de la Méditerranée pour sauver les migrants des noyades, le gouvernement Sànchez a ouvert un centre d’hébergement à Algesiras. Des villes de la région autonome d’Andalousie sont également mobilisées.

Cet engagement franchira, à partir du samedi 11 août, un nouveau seuil. A partir de cette date, commencera l’opération de rapatriement vers l’Espagne de tout migrant, qui se trouve actuellement en Allemagne dans des centres de rétentions, et ayant déposé auparavant une demande d’asile dans le pays ibérique. Un accord, conforme à la Convention de Dublin II, a été signé entre Berlin et Madrid et sera officialisé samedi à l’occasion d’une visite privée d’Angela Merkel en Espagne.

Réclamer des aides pour le Maroc, l’autre outil

Le Maroc est une pièce importante dans le dispositif migratoire de l’exécutif socialiste. Demander que la Commission européenne soit davantage généreuse avec Rabat obéit à des calculs hautement politiques et non pas animés par des sentiments philanthropiques.

C’est dans ce contexte que s’inscrivent les appels émanant du propre Pedro Sànchez et de quelques uns de ses ministres en faveur du royaume. Ce qui n’est pas sans rappeler la politique suivie par un autre socialiste à la Moncloa, il y a de cela plus de 13 ans.

En 2005, les Iles Canaries faisaient face à l’arrivée de centaines d’embarcations de fortune en provenance de la Mauritanie, du Sénégal, de la Guinée-Bissau, du Cap-Vert et dans une moindre mesure le Maroc. Face à l’ampleur du phénomène, le gouvernement Zapatero a naturellement frappé à la porte de l’Union européenne et réussi à convaincre Rabat de s’engager à ses côtés dans son «Plan Africa» destiné à assurer «le développement dans les pays originaires des migrants».

Une fois de plus, Bruxelles à été sollicité à financer ce projet. Le Maroc a apporté sa pierre à l’édifice en organisant, en 2006, la première conférence ministérielle euro-africaine sur le sujet.

Au terme de cette politique, l’Espagne a pu arracher plus de 400 millions d’euros de l’UE. Le Maroc n’a eu pour sa part que 40 millions d’euros. Une somme initialement inscrite dans le Programme MEDA 2001-2005

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