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Politique Publié

Maroc : Face à un RNI d’Akhannouch en doute, le PJD fait cavalier seul cet été

La carte partisane au Maroc ne devrait pas connaître de changements notables. D'un côté le PJD qui enchaîne en plein été les réunions politico-religieuses et de l'autre... tous les autres. Même le RNI, longtemps présenté comme un concurrent potentiel des islamistes, vit à l’heure des interrogations et des incertitudes.

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Saâdeddine El Othmani, secrétaire général du PJD et Chef du gouvernement / Ph. DR.

Bien que les divergences au sein du PJD, entre le courant des ministres et les fidèles de Benkirane, restent aussi criantes que par le passé, il demeure le parti le mieux structuré au Maroc. En effet, l’exercice de la démocratie interne s’y effectue sans entrave ou tutelle.

Alors que l’été est connu pour être la saison des congés et des voyages, pour les membres de la Lampe c’est surtout l’occasion d’enchainer les rencontres politiques et religieuses. Les deux, en effet, vont de paire pour les islamistes. Tout a commencé en juillet avec les deux sessions du «dialogue interne», respectivement à Khémisset et Marrakech. Une idée de Saâdeddine El Othmani destinée à resserrer les rangs de son parti autour de lui, après le limogeage, en mars 2017, de Benkirane par le roi Mohammed VI suite à son échec dans la formation du nouveau gouvernement.

Dans l’autre camp le vide, une guerre des clans et des incertitudes

Ce dynamisme allait se poursuivre, début août, avec le 6e congrès du Mouvement unicité et réforme (MUR), matrice idéologique du PJD. Il s’agit là d’une autre étape de rencontre des islamistes afin d’évaluer leur projet et d’y apporter quelques modifications de façade.

Avant même que le conclave du MUR ne baisse son rideau, voilà que le forum de la jeunesse du parti est lancé à Casablanca, avec des invités de marque venus du Maroc et de l’étranger. Tous les ministres du PJD ont répondu présents et se sont pliés aux critiques, parfois acerbes, des jeunes. Certes, les positions d’un Mustapha Ramid et d’un jeune islamiste, par exemple sur l’affaire Bouachrine, sont diamétralement opposées. Néanmoins, ces échanges, qui font la Une des médias contribuent au renforcement de la démocratie interne.

Chez les autres partis, l’heure n’est point aux échanges et aux discussions mais plutôt aux interrogations et aux incertitudes. C’est le cas du RNI, longtemps présentée comme un potentiel concurrent du PJD, qui semble être dans l’impasse. A la campagne de boycott des stations essence Afriquia, propriété d’Aziz Akhannouch, s’est greffé le limogeage de Mohamed Boussaid. Comme un malheur ne vient jamais seul, avec la bénédiction du Palais, l’intérim à la tête du ministère des Finances a échappé à la Colombe pour tomber sous le giron du PJD. Une petite revanche pour les islamistes, qui ont toujours espéré diriger ce département.

Dans les rangs de l’opposition, la situation n’est guère à la mobilisation cet été. L’Istiqlal de Nizar Baraka s’est recroquevillé sur lui-même, après avoir occupé les devants de la scène politique par son offre de «réconciliation» avec le Rif pour son implication dans les événements de 1958 et de 1959. Quant au PAM, le poids des conséquences de la guerre des clans à laquelle se livrent ses hauts cadres l'empêche de prendre un nouvel envol. A ces graves problèmes internes s’ajoute l’affaire de l’accident de la fille d’Akhchichine. Que de «pain béni» pour les islamistes.

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