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De moins en moins de Marocains établis aux Pays-Bas sont des donneurs d’organes

Une étude dont les résultats ont été publiés ce jeudi par le Bureau central de la statistique aux Pays-Bas montre que les donneurs d’organes originaires du Maroc sont de moins en moins nombreux. Ces chiffres sont rendus publics quelques mois après l’adoption définitive d’une nouvelle loi en la matière.

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A partir de 2020, les Néerlandais âgés de 18 ans et plus seront automatiquement des donneurs d’organes, s’ils ne s’opposent pas à la décision / Ph. DR.

Le Bureau central de la statistique aux Pays-Bas vient de publier ces chiffres, ce jeudi, relatifs au nombre de donneurs d’organes dans le pays. L’étude inclut notamment des données concernant les immigrés établis dans le pays. Il en ressort que si la tendance moyenne est à la hausse, celle du nombre de donneurs au sein des principales communautés étrangères est différente.

Pour l’année courante, le nombre de personnes âgées de 12 ans et plus inscrites au registre néerlandais des donneurs d’organes a augmenté de 6,3 millions, incluant ainsi 42% de la population globale. Les Néerlandais en âge d’être inscrits ont été 11,2% à refuser explicitement en 2014, tandis que leur taux équivaut à 12,6% cette année.

La communauté marocaine est la plus réticente au don d’organes

Si les chiffres globaux des donneurs d’organes connaissent une légère hausse cette année, une tendance inverse a été observée auprès des principales communautés expatriées au Pays-Bas. Elle se ressent ainsi auprès des Turcs, de même que les Marocains et les Surinamiens. Mais c’est surtout chez nos nationaux que les chiffres sont les plus frappants.

En effet, le nombre de Marocains résidant aux Pays-Bas qui sont expressément réticents au don d’organes a plus que doublé en l’espace de deux ans. Il a ainsi grimpé de 38 000 (soit 12,6%) en 2016 à 82 000 cette année (25,9%).

Sur la même période, les Turcs vivant dans le pays et refusant d’inscrire leurs noms au registre a presque doublé, évoluant de 26 000 (soit 7,6%) à 54 000 (15,6%). Le pourcentage des Surinamiens expatriés et s’alignant sur cette même décision a, quant à lui, évolué de 11,8% à 16,1%.

Source : Bureau central de la statistique aux Pays-BasSource : Bureau central de la statistique aux Pays-Bas

Une évolution équilibrée

Plus loin, le Bureau central de la statistique aux Pays-Bas détaille les données relatives aux nationaux. En 2014, ils ont été 5,8 millions d’inscrits, soit 40% de ceux en âge de l’être. Plus de la moitié parmi eux se portent donneurs sans restrictions. Par ailleurs, le nombre de personnes exprimant ouvertement leur refus d’être donneuses est de 1,9 million.

En 2018, l’institution dit comptabiliser près de 8,7 millions de personnes (toutes nationalités confondues) en âge d’être inscrites au registre, mais dont le nom n’y figure pas. Ce chiffre représente 58% de la population concernée. Aussi, «plus de femmes (45%) que d’hommes (39%) sont enregistrés» selon le document, qui note que 27% parmi les inscrites et 22% des inscrits se portent donneurs sans restriction.

Un nouveau cadre législatif

Pour une meilleure organisation du don d’organes aux Pays-Bas, auprès des nationaux tout comme les communautés étrangères, le parlement néerlandais a voté de manière définitive une nouvelle loi, en février dernier. Proposée par le Parti social libéral des Démocrates, celle-ci entrera en vigueur en 2020. Elle prévoit un enregistrement automatique que toute personne ayant atteint ses 18 ans sans avoir exprimé de refus explicite, ce qui augmentera considérablement le nombre de donneurs.

L’opération s’organisera en donnant aux citoyens un droits de refus. Dans ce sens, Ouest-France rappelle que les Néerlandais recevront deux courriels leur demandant d’indiquer leur avis sur la question. «S’ils ne réagissent pas à la réception du deuxième mail, ils seront automatiquement inscrits sur la liste des donneurs d’organes», indique la même source.

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