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Maroc : La crise interne du PJD reconnue par certains de ses membres

Le meeting organisée à Casablanca par la Jeunesse du parti de la justice et du développement (JDD) a été l’occasion pour les pro-Benkirane d’évoquer la crise qui menace le parti de la Lampe depuis les législatives de 2016. Le courant des ministres continue, de son côté, de s’opposer à cette thèse.

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Abdelilah Benkirane et Saâdeddine El Othmani, respectivement ancien et actuel secrétaire général du PJD. / Ph. DR.
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En l’espace d’un weekend, le Parti de la justice et du développement (PJD) a réussi à devenir la vedette de l’actualité nationale. Parallèlement au congrès annuel du Mouvement unicité et réforme (MUR), son bras idéologique à Rabat, la jeunesse du PJD (JDD) organise à Casablanca son meeting national.

Si Abdelilah Benkirane, ancien secrétaire général de la Lampe est attendu ce lundi au meeting de la JDD, les participants ont déterré samedi soir un vieux débat concernant la crise interne qui menace le parti depuis son limogeage. Un sujet qui continue de diviser au sein du parti à la tête de la coalition gouvernementale.

Les pro-Benkirane évoque la crise interne

La rencontre du samedi soir a permis aux partisans de l’ancien chef du gouvernement de pointer du doigt, encore une fois, la situation actuelle du parti qui dirige le gouvernement et qui, suite au blocage gouvernemental après les législatives d’octobre 2016, vit une crise interne. Une thèse défendue notamment par Amina Maelainine et indirectement par Abdelaziz Aftati.

La première, parlementaire aux couleurs de la Lampe, a confirmé sa position quant à cette question, déclarant que le parti «continue de vivre une crise interne aux contours incertains», suite à son «échec dans la gestion de l’après blocage gouvernemental». Une situation marquée, selon elle, par le limogeage d’Abdelilah Benkirane suite à ses tractations pour la formation d’un nouvel exécutif et son refus d’intégrer l’USFP dans le tour de table du gouvernement.

Amina Maelainine a reconnu l’existence d’une «grande inquiétude au sein de la société et entre les dirigeants du parti et ses bases». «Nous ne devons pas craindre cette inquiétude juste pour empêcher que les jeunes boudent ce parti mais nous continuons de poser les questions jusqu’à ce que le Conseil national tranchera sur cette problématique pour nous dire si le parti a réussi ou pas à surmonter la crise», affirme-t-elle.

Son intervention a été indirectement soutenue par celle d’Abdelaziz Aftati. Le ténor du PJD, ayant récemment rejoint le secrétariat général du gouvernement, a préféré caresser les jeunes de la Lampe dans le sens des poils. Il a évoqué le limogeage de Benkirane, affirmant que ce dernier a été «démis de ses fonctions le jour où Habib El Malki (USFP) a été élu président de la Chambre des représentants». Il revient encore une fois pour tirer à boulets rouges sur le RNI lorsqu’il évoque les «serviteurs de l’Etat (Khouddam)» et le limogeage de Mohamed Boussaid, ministre de l’Economie et des finances. Les deux formations politiques avaient été critiquées par Abdelilah Benkirane lors du congrès annuel de la JDD en février dernier.

Le courant des ministres nie toute crise au sein de la Lampe

De l’autre côté, le camp des ministres a été présenté par Aziz Rebbah. L’actuel ministre et grand opposant à un troisième mandat d’Abdelilah Benkirane à la tête du PJD, a nié l’existence de toute crise au sein de la Lampe. Rappelant que le parti dispose du «plus grand groupe parlementaire dans l’histoire du Maroc et dirige plusieurs collectivités territoriales», Aziz Rebbah a estimé que le parti a «respecté le principe du respect des institutions tout en se conformant à ses principes». Il a cité le règlement intérieur et les décisions votées en Conseil national. «L’élection de Saâdeddine El Othmani est un succès démocratique interne, ce qui ne veut pas dire que le Parti a abandonné Abdelilah Benkirane en tant que leader. Il peut revenir au secrétariat général par les élections du Conseil national, comme El Othmani est revenu à ce poste», conclut-il.

La crise au sein du parti de la Lampe, confirmée par certains de ses membres, mais niée par le courant des ministres, s’illustre encore par les sorties médiatiques des premiers et les contre-déclarations des deuxièmes. Rien que dimanche, Abdelali Hamidine a critiqué, dans un post Facebook, le RNI d’Aziz Akhannouch. Pour lui, ce parti est devenu un «fardeau pour le gouvernement, suite à la campagne de boycott et le limogeage de Mohamed Boussaid».

Une réaction qui a fait réagir Slimane El Omrani, vice-secrétaire général du PJD qui a rappelé, sur sa page Facebook, que le post de Hamidine est «contraire au pacte de la majorité gouvernementale».

«Cette position qui a été prise en dehors des canaux institutionnels du parti est contraire à la politique du parti depuis 2011, visant à respecter les composantes de la coalition, abstraction faite des positions quant à certains de ses membres», conclut-il.

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