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Des membres du CNDH ont-ils défendu des positions proches du Polisario auprès de l’UE ?

Une mission de la Commission de l’Union européenne est au Maroc pour entamer des consultations avec des Sahraouis sur l’accord de pêche. Hier, elle a rencontré des ONG unionistes en présence des présidents des sections régionales du CNDH à Laâyoune et à Dakhla.

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Photo d’illustration / Ph. DR.
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Le siège de la délégation de l’Union européenne à Rabat a abrité, hier après-midi, une réunion entre des représentants de la société civile sahraouie acquise au Maroc (trois associations) et une mission venue de Bruxelles. Les discussions ont essentiellement porté sur l’accord de pêche et ses retombées économiques sur la population du Sahara occidental.

Les présidents des sections régionales du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) à Laâyoune et à Dakhla, respectivement Mohamed Salem Cherkaoui et Mohamed Lamine Semlali, ont également pris part à cette rencontre.

Ils auraient même ravi la vedette aux autres participants en adoptant des positions radicales et inhabituelles de leurs parts. «Surpris, les représentants des ONG unionistes n’ont su réagir pour contrebalancer les propos des représentants d’une institution étatique», nous confie une source.

Revirement ou discours libre ?

«Devant les fonctionnaires de la Commission européenne, les deux hommes auraient estimé que l’accord de pêche signé en juillet entre l’UE et le royaume violerait le droit international et ne bénéficierait pas aux habitants du Sahara», ajoute la même source.

Des propos qui étonnent de la part de deux responsables du CRDH. Et pourtant, lors de sa visite à Laâyoune, fin juin, Horst Köhler s’était réuni avec Mohamed Salem Cherkaoui. Celui-ci avait pris soin de ne pas défendre les thèses du Polisario devant l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental.

Quels sont donc les motifs de ce «revirement» ? Notre interlocuteur l’explique par «le renouvellement, en cours de préparation, des membres du CNDH». En effet, selon lui, «le mandat de l’ancienne équipe a expiré depuis plusieurs mois, donc la course aux postes et aux privilèges est déjà lancée et les anciens veulent garder les leurs par tous les moyens».

Yabiladi a tenté de joindre Salem Cherkaoui et Mohamed Lamine Semlali pour reccueillir leur version des faits, mais en vain.

En revanche, dans une déclaration à Yabiladi, une source autorisée a tenté de minimiser la portée des propos tenus. Elle affirme ainsi que «les deux représentants du CNDH ont adopté un discours libre, défendant le droit de la population du Sahara à bénéficier de la compensation financière et d’être consultée, ce qui est un discours crédible et convainquant».

La mission de la Commission de l’UE devrait rencontrer, ce vendredi, des représentants d’ONG proches du Polisario.

Réaction du CNDH

A la réunion du jeudi avec une délégation de la Commission européenne, «le représentant du Conseil national des droits de l’Homme n’a exprimé aucune position mettant en doute les efforts consentis par l’Etat pour le développement des provinces du sud», souligne un communiqué du CNDH parvenu à notre rédaction.

Et d’ajouter que le «représentant a affirmé que les efforts de l’Etat (marocain) ne suffiraient pas à répondre aux attentes de la population des provinces du sud. Il a, en outre, insisté sur la responsabilité des partenaires internationaux dans la mobilisation d’autres ressources en soutien aux efforts de développement» du royaume.

Les revendications de la population des provinces sahariennes se résument essentiellement en des «droits économiques, sociales et culturels» a fait savoir le représentant du CNDH à la réunion.

Force est de constater que le texte de l’institution parvenu à notre site,  mentionne à trois reprises d’un seul «représentant du CNDH», alors qu’il s’agit très précisément des présidents des sections régionales du CNDH à Laâyoune et Dakhla.

Article modifié le 04/08/2018 à 00h42

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