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Prix des carburants : Le torchon brûle à nouveau entre le PJD et le RNI-UC

Le débat sur les prix des carburants au Maroc au lendemain de la fin du processus de décompensation continue de peser lourd sur la coalition gouvernementale. Depuis mardi, une guerre de déclarations oppose la Lampe au couple formé par la Colombe et le Cheval.

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Lahcen Daoudi, ministre chargé des Affaires générales et de la gouvernance au gouvernement de Saâdeddine El Othmani. / Ph. L’Économiste

L’épineuse question relative aux prix des carburants, au lendemain de la publication, par la Commission des Finances à la Chambre des représentants de son rapport sur la question, continue de faire réagir les députés. Au sein de la Chambre basse, ceux représentant le Parti de la justice et du développement (PJD) et les élus du Rassemblement national des indépendants (RNI) sont même à couteau tirés.

Des tirs d’amis

Mardi, alors que la Chambre des députés organisait une séance pour discuter des grandes lignes du rapport de la commission dirigée par Abdellah Bouanou, un énième débat a éclaté, opposant cette fois Lahcen Daoudi, ministre chargé des Affaires générales et des députés du groupe parlementaire RNI-UC.

La député de l’Union constitutionnelle (UC), Asmaa Ghalalou, la même ayant qualifié Abdellah Bouanou de «malhonnête», a ouvertement critiqué les déclarations «contradictoires» du gouvernement et du PJD concernant les chiffres du rapport de la Mission parlementaire d’information. Une déclaration à laquelle Taoufik Kamil, président du Rassemblement constitutionnel (groupe parlementaire RNI-UC) a ajouté une couche.

Ces propos ont poussé Lahcen Daoudi à reprendre la parole afin de fustiger le parti du Cheval. «Je jure devant Dieu que si j’étais le président d’un groupe parlementaire et j’avais tenu ces même propos, j’aurai demandé à mon parti de quitter le gouvernement», lance le ministre chargé des Affaires générales du président et aux membres du groupe parlementaire RNI-UC. A Asmaa Ghalalou, Daoudi adresse une piqure de rappel : «le ministre des Finances est membre du parti (RNI, ndlr) que vous représentez et il est au courant de ces données relatives à l’économie nationale».

Le RNI vent debout contre les détracteurs des distributeurs

Dans une déclaration accordée mercredi à Hespress, Taoufik Kamil informe avoir adressé un rapport à la direction de son parti pour «discuter de cette question et prendre la décision adéquate». Pour lui, «la réponse inappropriée d’un ministre issu du parti qui conduit la coalition intervient après celle [du] groupe parlementaire dans laquelle des explications sur les marges des entreprises pétrolières ont été demandées».

Pour Taoufik Kamil, «le gouvernement a fait marche arrière sur le chiffre de 17 milliards de dirhams de marge depuis la libéralisation des prix alors que le président du groupe PJD et le ministre Aziz Rebbah évoquent un chiffre de 7 milliards de dirhams».

Depuis la publication du rapport de la Mission parlementaire d’information sur les prix des carburants au Maroc, la coalition gouvernementale tremble aux rythmes des déclarations des deux camps. Le RNI et l’UC avaient fustigé la sortie médiatique d’Abdellah Bouanou, dans laquelle il avait révélé certains chiffres et informations ne figurant pas dans le rapport de la mission qu’il a conduit.

Asmaa Ghalalou avait même affirmé que les chiffres présentés par Bouanou étaient «erronés», l’accusant tantôt de «malhonnêteté», tantôt d’avoir «tenu devant la presse des propos qu’il n’a pas pu déclarer devant la Commission».

La députée de l'UC avait dit ne défendre personne, une déclaration réaffirmée mercredi par Taoufik Kamil lorsqu’il déclare que «le RNI-UC respectent ses engagements à ne servir que le citoyen». Toutefois, plusieurs détracteurs de la Colombe rappellent que le président du RNI, Aziz Akhannouch détient Afriquia, la société marocaine de distribution de carburants qui domine ce secteur…

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