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L’adhésion du Maroc à la CEDEAO divise la classe politique au Nigéria

Au Nigeria, la demande marocaine d’adhésion à la CEDEAO continue de diviser. Cette fois, c’est une nouvelle voix de raison qui se prononce finalement en faveur de la requête du royaume.

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Alaba Ogunsanwo, ex-ambassadeur nigérian / Ph. DR.

Après l’opposition franche de l’association des diplomates retraités au Nigéria, d’anciens diplomates se prononcent pour l’adhésion du Maroc à la Communauté économique de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Un autre son de cloche qui fait suite à la récente visite réussie de Muhammadu Buhari à Rabat, effectuée les 10 et 11 juin.

Alaba Ogunsanwo, ex-ambassadeur aux Pays-Bas, en Belgique et auprès de l’Union européenne, fait partie de ces nouvelles voix. Il a ouvertement plaidé pour la demande marocaine d’adhésion à la CEDEAO, indique un média à Abuja.

La méfiance à l’égard du royaume, partagée par certains milieux au Nigeria, «est mal placée» selon lui. Il critique l’argument soulevé par les détracteurs du Maroc qui estiment que son admission à la CEDEAO «porterait un coup majeur à la domination du Nigeria» sur le bloc régional.

Buhari croit-t-il aux allégations anti-marocaines ?

Ogunsanwo s’est inscrit, par ailleurs, en faux contre les voix soufflant à l’oreille du président Buhari, et qui mettent en garde contre l’intégration de Rabat à la CEDEAO ainsi qu’à l’accord sur la Zone de libre-échange continental. Les défenseurs de cette thèse estiment que les deux processus «étoufferaient l’industrialisation et augmenteraient le taux de chômage dans les rangs des jeunes».

«Malheureusement le président croit» en ces allégations, déplore pour sa part Alaba Ogunsanwo. Pour rappel, le communiqué conjoint publié au terme de la visite d’Etat et d’amitié de Buhari au royaume a fait l’impasse sur la demande d’adhésion marocaine au groupe régional. C’est dire l’extrême sensibilité du sujet pour le chef de l’Etat nigérian, à seulement huit mois des élections présidentielles prévues en février 2019.

Le diplomate assure que l’ambition de son pays d’être un acteur majeur en Afrique et de rejoindre un jour le Conseil de sécurité en tant que membre permanent est incompatible avec le rejet de l’autre. L’ancien ambassadeur a, par ailleurs, couvert d’éloges les accords de coopération signés entre le Maroc et le Nigeria lors de la visite de Buhari.

Dans la république fédérale, les voix soutenant les projets du royaume ne sont pas encore assez audibles par rapport aux Cassandres. L’appui de raison d’Alaba Ogunsanwo s’ajoute en effet à celui du cœur de Muhammadu Sanusi II, l’émir de Kano, région du nord du pays à majorité musulmane sunnite, partisane de l’adhésion marocaine à la CEDEAO.

Le royaume peut également compter sur le soutien du groupe d’amitié parlementaire Maroc-Nigeria, lancé en octobre 2017.

3 commentaires
charmeur de serpent
Date : le 17 juin 2018 à 01h14
Le Maroc finira par adhérer à la CEDEAO malgré les manigances de certains qu'on connaît très bien.
moss_26176
Date : le 16 juin 2018 à 16h19
L'un des ingrédients d'une bonne économie, c'est la concurrence, si le Nigeria ne veut pas de rival dans cette espace économique c'est qu'il se plait dans la médiocrité des monopoles. Ils sont 200millions d'habitants rien qu'au Nigeria, si ne serait-ce que 0,1% décide de migrer vers l'Europe ils seront amenés à venir au Maroc qui sera à coup sûr déstabilisé.
FATEM95
Date : le 16 juin 2018 à 15h16
Les opposant à la candidature marocaine ont surtout des arguments politiciens. Alors que là cet avocat de notre candidature apporte des arguments avant tout économiques. On peut deviner les motivations des uns et des autres. Pas besoin de faire un dessin. La CEDEAO est avant tout un espace économique. CQFD.
Dernière modification le 17/06/2018 01:14
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