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Saisonnières marocaines à Huelva : Le consulat du Maroc confirme les dépôts de plaintes pour agressions sexuelles

Des saisonnières marocaines travaillant dans des champs dans la province de Huelva ont bel et bien déposé des plaintes pour agressions sexuelles présumées et abus, nous affirme une source au consulat du Maroc à Séville. Une affirmation qui met à nu les certitudes du ministère du Travail et de l’insertion professionnelle.

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Champ de fraises à Huelva / Ph. Pixabay
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L’information a été pourtant démentie à deux reprises par le ministère marocain du Travail et de l’insertion professionnelle. L’affaire des saisonnières marocaines, travaillant dans les champs de cueillette des fraises et fruits rouges dans la province de Huelva, ville du sud-ouest de l'Espagne, révélée par une enquête de la version allemande du média américain Buzz Feed News continue de connaître plusieurs développements.

Des saisonnières ont déposé plainte, affirme le consulat du Maroc à Séville

Après l’arrestation, vendredi denier, d’un homme de 47 ans, présumé coupable pour chantage et agression sexuelles, une source au consulat du Maroc à Séville nous affirme ce mercredi que «des plaintes ont bien été déposées» par des saisonnières marocaines. Notre source nous rappelle d’abord que «les saisonnières marocaines viennent en Espagne avec des contrats accordés suite à la convention entre l’ANAPEC et les autorités espagnoles. «Lorsqu’elles sont ici en Espagne, leurs droits et leurs obligations sont gérés par leurs contrats et ce sont les autorités espagnoles qui doivent veiller au respect de ces contrats», précise notre interlocuteur.

«Pour nous, lorsqu’il existe un dysfonctionnement, la personne lésée saisit les autorités espagnoles. Même si les portes du consulat sont ouvertes à tous les Marocains et que nous leur proposons des services consulaires, nous ne pouvons pas savoir si cette personne a été harcelée ou a été victime d’abus si elle ne nous saisit pas.»

Source au consulat du Maroc à Séville

Mais depuis le début des contrats saisonniers avec l'Espagne, en 2009, aucune saisonnière marocaine n’a saisi les autorités consulaires marocaines ? «Pas à ma connaissance. D’ailleurs, je n’étais pas ici en 2009», se justifie notre source.

Quant à l’affaire des saisonnières marocaines, révélée par l’enquête de Buzz Feed News et d’autres articles de médias espagnols, notre source confirme : «ces femmes nous ont contactés après avoir déposé leurs plaintes auprès des autorités espagnoles». Pour l’affaire de Kalima ayant fait l’objet d’une plainte datant du 3 mai 2017, notre source estime que «si la plainte a été déposée auprès des autorités espagnoles, [le consulat n’a] aucun moyen pour le savoir» vu que cette Marocaine n’a pas saisi le consulat. Notre source persiste : «nous sommes saisis soit par les associations des Marocains ici en Espagne, soit par les Marocains lésés ou encore par les autorités espagnoles qui, dans ce cas précis, ne nous ont pas informés.»

Elle reste toutefois évasive quant au nombre exactes de plaintes déposées, promettant de revenir vers nous une fois le service social du consulat consulté. «Le dossier est devant la justice, la procédure est en cours et nous espérons que tout se passera bien et que justice sera rendue», conclut notre source.

Les démentis et la précipitation des autorités marocaines

Bien que notre source refuse de le déclarer, sa version met fin à une série de contre-vérités véhiculées par le ministère marocain du Travail et de l’insertion professionnelle sur ces agressions sexuelles présumées dénoncées par des saisonnières marocaines.

Pour rappel, à deux reprises, le département de Mohamed Yatim a nié toute agression sexuelle à l’égard des ressortissantes marocaines travaillant de manière saisonnière dans des champs en Espagne. D’abord le 9 mai, lorsque le ministère a appelé à la «vigilance» à l’égard des vidéos circulant sur le net et qui font état de «l’exposition de certaines ouvrières marocaines saisonnières au harcèlement et à l’exploitation dans certaines entreprises agricoles espagnoles». Après une tentative ratée de discréditer l’une des femmes ayant témoigné dans la vidéo, le département du Travail annonçait le déplacement d’une délégation pour enquêter sur ce sujet.

Le 19 mai, un autre démenti est relayé par l’agence MAP. Le ministère y indique même qu’«aucune violation à l'égard des ouvrières marocaines travaillant dans les exploitations agricoles espagnoles n'a été enregistrée, et ce contrairement aux allégations diffusées par les médias et les sites électroniques». «Aucun cas spécifique d’abus ou de violation à l’encontre des ouvrières marocaines n’a été constaté, ni à l'égard de leurs collègues dans les autres exploitations», précise le communiqué tout en affirmant qu’aucune plainte non plus n’a été enregistrée auprès des autorités espagnoles.

Une version confirmée même par le Directeur général par intérim et secrétaire général du ministère du Travail et de l’insertion professionnelle, Noureddine Benkhalil qui nous déclarait que «ce ne sont pas les scoops et l’intox qui vont faire vivre les Marocains et les Marocaines».

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