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Grand Angle

Maroc : Le parlement va-t-il rendre public un rapport sur les hydrocarbures tronqué ?

Le rapport de la mission parlementaire sur les prix des hydrocarbures qui sera rendu public aurait été expurgé de nombreux passages délicats pour les sociétés pétrolières.

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Ph. DR.
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Le Parlement veut accélérer le travail de la «Mission exploratoire sur la fixation des prix des hydrocarbures». En effet, la Commission des finances et du développement économique à la première chambre se réunira le 15 mai pour discuter le rapport de ladite mission. Un document qui traite de «la fixation des prix des hydrocarbures et de la réalité des conditions de concurrence dans ce secteur, depuis la libéralisation». Cependant, dans la version du rapport qui sera rendue publique, des passages ont été tronqués, rapporte le site arabophone Lakome2.

Ce dernier, qui dit avoir examiné les deux textes, indique que «beaucoup de données importantes ont été supprimées de la version finale, particulièrement celles liées aux bénéfices des entreprises opérant dans le secteur». Selon la même source, ces modifications ont «vidé le rapport de son contenu alors qu’il était prêt depuis des mois». Lakome2 explique ainsi le retard de la publication par le fait que les membres de la mission auraient subi des pressions.

Selon la version initiale du rapport, il est constaté que «l’année 2017 a été marquée par une hausse soudaine des prix des carburants dans les stations, où le gasoil a grimpé à 10,50 DH par litre et l’essence à 11,50 DH par litre, après une baisse record des prix du pétrole sur le marché international». Autre remarque qui a vraisemblablement sauté de la dernière mouture, «la moyenne de différence calculées avant et après la libéralisation des prix dans le secteur a connu une hausse de 96 centimes par litre de gasoil et 76 sur l’essence, ce qui représente un bénéfice de près de 7 milliards de dirhams par an pour les entreprises».

Hausse soudaine des prix du gasoil et de l’essence

Par ailleurs, Lakome2 indique que «la différence la plus évidente entre les deux versions se ressent au niveau des conclusions et des recommandations». Celles disparues en tout cas de la dernière mouture sont nombreuses, selon la même source : «l’absence de mesures liées à l’accompagnement de la libéralisation des prix des carburants, en plus de l’absence d’un système permettant de tracer l’évolution exacte des cours internationaux et leur impact sur le plan national». A également été supprimé un passage sur «la multiplication de nouvelles stations-service» qui «a été enregistrée à des taux élevés par rapport à la phase de pré-libération». Aussi, «les fonds accumulés (environ 3,08 milliards de DH) n’ont pas été investis dans le soutien de l’Etat à la mise en place de centres de stockage pour préserver les réserves stratégiques de carburant».

Parmi les recommandations disparues de la version finale du rapport : «la protection des consommateurs via la définition d’une marge de bénéfice maximal, comme cela est d’usage dans d’autres pays, la restitution des 3,08 milliards de dirhams non-investis par les entreprises dans le développement de structures de stockage, ce qui constitue une dette envers la caisse de compensation.»

Le premier rapport avait également appelé à «faciliter l’entrée à de nouveaux acteurs sur le marché de la distribution des carburants, pour mettre fin à la situation de concentration actuelle. Deux entreprises s’accaparent le marché dans les provinces du sud et quatre monopolisent le reste du Maroc. Par conséquent, les prix proposés se ressemblent vu les similitudes de la gestion des stations et de la distribution». 

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