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Archive Culture Publié

Nomad #76 : La Kasbah d’Amridil, un héritage familial qui perdure

A une trentaine de kilomètres d’Ouarzazate, dans le village de Skoura, une kasbah se démarque des autres par sa superficie et sa beauté. La kasbah d’Amridil a tenu durant plusieurs siècles, grâce à la ténacité de la famille propriétaire qui n’a pas abandonné ce trésor architectural amazigh.

Temps de lecture: 2'
La Kasbah d’Amridil, dans la province d’Ouarzazate / Ph. DR

Embarquez-vous sur la route des 1001 kasbahs, la route des caravanes transsahariennes, à 38 kilomètres d’Ouarzazate. Au cœur de la palmeraie du petit village de Skoura, le décor semble tout droit sorti d’un film hollywoodien. La kasbah d’Amridil attise la curiosité et invite à la balade.

La citadelle est un lieu phare dans le tourisme de la région, comme le fait remarquer Zoubir Bouhoute, directeur du conseil provincial de tourisme à Ouarzazate :

«La Kasbah d’Amridil est l’une des plus célèbres de la province. Elle se situe dans la localité de Skoura qui est connue en tant que palmeraie à la biodiversité riche. Loin du centre-ville dans un paysage désertique avec la palmeraie et les oliviers, tous ces éléments font de la Kasbah une attraction touristique pour la province et pour Skoura.»

Immersion dans un passé familial

La Kasbah d’Amridil a été construite à la fin du XVIIe siècle par Mohammed Nassiri Skouri. Depuis, elle est restée une propriété familiale. Jusqu’à présent, Réda Nassiri, un des descendants du fondateur, est en charge du site et de la maison d’hôte qui le jouxte. Contacté par Yabiladi, l’homme de 31 ans se confie sur cet héritage qui fait sa fierté. Il raconte qu’au tout début, la famille vivait au sein de la Kasbah, en plus des domestiques et des gardiens. Ils se partageaient les 30 chambres du site.

«Vers la fin des années 1950, les membres de ma famille qui habitaient ici sont partis et ont laissé la Kasbah en bon état. La sécheresse et la mort de Mohammed Nassiri Skouri ont fait disperser la famille», raconte Réda Nassiri. Malgré cela, une personne restait au moins pour entretenir les lieux : «Depuis 2009, je suis en charge de la Kasbah, ma famille m’a fait confiance.»

Depuis 30 ans maintenant, Amridil est transformée en musée. Les visiteurs peuvent y voir des manuscrits, des monnaies d’or, des costumes traditionnels et des articles antiques. Tous les ingrédients pour s’immerger dans le passé de cette citadelle, grâce aux anecdotes du guide présent sur place.

«Les membres de la famille continuaient de prendre soin de la Kasbah. Ils ont beaucoup investi pour restaurer les toits et les bases de la maison. Ni l’état, ni les associations, ni les coopératives, ni l’UNESCO, aucun organisme ne l’a pris en charge.»

Réda Nassiri, responsable de la Kasbah d'Amridil

La beauté et la singularité de cette kasbah a attiré les productions cinématographiques étrangères, qui s’installent pendant des jours ou semaines, le temps d’un tournage. Deux films emblématiques ont été tournés au sein de la citadelle, tels que Lauwrence d’Arabie ou encore Ali Baba et les quarante voleurs.

Grâce au prix des tickets d’entrée et l’argent des productions cinématographiques, la kasbah continue d’exister. Peu connue des Marocains, elle est fréquentée par des touristes, majoritairement étrangers, «surtout pendant la période de mars jusqu’à mai, en octobre et lors des fêtes de fin d’année», affirme le responsable du site.

Malheureusement, la Kasbah n’est ni inscrite au sein du patrimoine mondial de l’UNESCO, ni même au sein du patrimoine national.

Informations pratiques

Horaires de visite : de 8h jusqu’au coucher de soleil.

Tarifs : 20 dhs par personne.

Moins de 10 ans : Gratuit.

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