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Culture Publié

Emission spéciale MRE : «Lettres à Nour» ou l’amour pour lutter contre le terrorisme

«Lettres à Nour» de Rachid Benzine est actuellement en tournée au Maroc et va faire le tour des villes du royaume, à travers Casablanca, El Jadida, Tétouan, Rabat, Fès.

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Rachid Benzine, l'islamologue franco-marocain à l'origine de la pièce de théâtre «Lettres à Nour». / Ph. DR

Comme chaque mercredi, lors de l’émission «Faites entrer l’invité» de Radio 2M en partenariat avec Yabiladi, la parole est donnée aux Marocains du monde. L’islamologue franco-marocain Rachid Benzine était l’invité de l’émission du jour pour parler de «Lettres à Nour», une pièce de théâtre actuellement en tournée dans le royaume.

La pièce de théâtre trouve son origine dans le livre «Nour, pourquoi n'ai-je rien vu venir ?» (Editions Seuil, 2016) écrit par l’islamologue aux lendemains des attentats du 13 novembre 2015 qui ont secoué la France. Le synopsis tourne autour d’un échange épistolaire, étalé sur deux ans et 14 lettres, entre un père musulman «pratiquant, vivant sa religion comme un message de paix et d’amour» et sa fille partie en Irak rejoindre l’homme qu’elle a épousé, engagé au sein de Daech, rappelle Fathia El Aouni, animatrice de l’émission. C’est en s’inspirant du roman que la pièce de théâtre «Lettres à Nour» est née.

«Tant qu’on n’a pas bousculé l’imaginaire des gens, on ne peut pas changer les choses»

Rachid Benzine souhaite toucher le maximum de personnes et pour atteindre cet objectif, il estime qu’«il faut trouver d’autres formes [dont] la fiction». «Cette dernière permet d’allier la pensée en termes de recherches et l’idée de l’émotion. Elle permet à un certain nombre de personnes de pouvoir s’identifier», confie l’islamologue au micro de Radio 2M. Selon lui, la «fiction permet de faire rentrer l’esprit humain dans l’imagination. Tant qu’on n’a pas bousculé l’imaginaire des gens, on ne peut pas changer les choses».

Pour écrire ce livre, Rachid Benzine a commencé par analyser le discours de Daech et s’est rendu dans des prisons pendant deux ans à la rencontre de djihadistes revenus de Syrie. Sa démarche était motivée par sa volonté de comprendre la raison ayant poussé des jeunes qui ont grandi et ont eu le même parcours que lui «à tourner les armes vers la population qui les a vu naître», ajoute-t-il. Lors de son travail sur le terrain, l’islamologue rencontre des parents de personnes parties rejoindre l’organisation terroriste dite «Etat islamique», rongés par «la douleur, l’incompréhension et la culpabilité».

A travers le théâtre, sa «spontanéité» et la mise en scène du monde «avec toutes ses contradictions, sa beauté et sa laideur», Rachid Benzine tente de pointer du doigt un problème «de la société française et de l’espace européen».

«C’était important pour moi d’essayer de désidentifier pour dire que c’est un problème mondial. Je voulais une histoire universelle. Seule Nour (lumière lunaire en arabe) est située à Fallouja, mais le père, on ne sait pas où il se situe. Il n’a pas de prénom. C’est ce qui permet à chacun de pouvoir se projeter.»

Dans quelques jours, la pièce va être traduite en darija pour ensuite faire une tournée dans les écoles. Dans ce sens, Mohamed Ezzouak, directeur de publication de Yabiladi considère qu’il est «extrêmement important de la rendre accessible, la vulgariser et qu’elle se diffuse dans les petites villes pour que les gens puissent se l’approprier».

Rachid Benzine finit par conclure, un brin optimiste : «je crois encore que l’amour peut nous sauver, il suffit de comprendre qu’on n’a pas d’autre solution que de continuer à y croire».

Pour écouter le replay : 

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Emission spécial MRE
2m Radio + Yabiladi.com