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Contestant le soutien du Hezbollah au Polisario, le Maroc rompt ses relations avec l’Iran

Ce 1e mai 2018 marque une nouvelle rupture des relations diplomatiques entre le Maroc et lIran. Le royaume dénonce ainsi limplication du Hezbollah dans le soutien au Front Polisario.

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Hassan Nasrallah, chef du mouvement chiite libanais du Hezbollah / Ph. DR.
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Le Maroc a rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran, a annoncé cet après-midi le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita. En cause, «l’appui des milices du Hezbollah libanais au Polisario», explique une source diplomatique contactée par Yabiladi. «Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, s’est déplacé ce matin à Téhéran pour expliquer aux responsables iraniens les raisons de la décision marocaine», ajoute-elle.

«Le Maroc est en effet en possession d’informations sur l’implication avérée de la milice chiite libanaise dans l’entrainement des éléments du mouvement séparatiste.»

Pour le Maroc, l’intervention du Hezbollah dans le conflit régional ne pourrait se faire sans le feu vert des autorités iraniennes. En témoigne la présence de combattants de l’organisation libanaise dans la guerre en Syrie, aux côtés des forces loyalistes de Bachar Al Assad.

Deuxième rupture après celle de 2009, à cause du Bahreïn

Les Marocains notent que ce soutien au Polisario s’est accentué, notamment depuis l’arrestation, en mars 2017 à l’aéroport Mohammed V à Casablanca, de Kacem Tajeddine. Ce ressortissant libanais chiite faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international, émis à son encontre par les autorités judiciaires des Etats-Unis.

A ce moment-là, des médias libanais proches du Hezbollah avaient évoqué un «enlèvement» du milliardaire par les autorités marocaines, tandis qu’il est considéré par Washington comme un des financiers de l’organisation de Hassan Nasserallah.

Pour leur part, les autorités marocaines reprochent au Hezbollah d’avoir apporté un appui logistique et technique au Front dans ses dernières opérations de construction de tranchées dans les zones tampons de Tifarity et de Bir Lahlou. «Plus récemment, au cours de ce mois, une première livraison d’armes à été fournie au polisario et notamment des Sam 9, Sam 11 et des strellas, ont été livrés par des dirigeants du Hezbollah aux milices armées du polisario», a révélé le ministre.

De retour de Téhéran, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a reçu ce mardi le chargé d’affaire à l’ambassade iranienne pour lui signifier la rupture des liens diplomatiques entre les deux pays, lui demandant «de quitter le Royaume du Maroc sans délai».

En 2015, le Maroc et l’Iran avaient décidé de rétablir leurs relations, après six ans de rupture à cause d’une déclaration de l’Iran sur la souveraienté du Bahreïn.

Article modifié le 01/05/2018 à 21h44

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