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Après sa position sur la campagne du boycott, Benkirane est de nouveau réduit au silence

Cela fait trois mois que Abdelilah Benkirane est privé de prendre la parole publiquement. Une situation appelée, sans doute, à durer dans le temps. Ses déclarations du 27 avril sur la campagne de boycott de trois produits de consommation n’ont pas arrangé les choses.

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Abdelilah Benkirane, ancien secrétaire général du PJD. / Ph. DR
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La période de silence imposée à Abdelilah Benkirane se poursuit encore. L’ancien chef du gouvernement n’a pu honorer son engagement d’animer un meeting politique, prévu dimanche soir au théâtre royal de Marrakech et organisé par la jeunesse de son parti.

«Une décision communiquée à la dernière minute au secrétaire général de la structure, Mohamed Amekraz, contraignant les organisateurs à reporter à une date ultérieure l’événement», indique une source contactée par Yabiladi.

«La présence de l’ex-secrétaire général de la Lampe aux rencontres partisanes à Tanger et Salé, programmées les semaines à venir, est loin d’être garantie», ajoute-elle.

Est-ce la conséquence de la position de Benkirane sur la campagne de boycott?

«Sans doute, la dernière sortie de l’ancien secrétaire général du PJD aurait suscité la colère de certaines parties au sein de la majorité gouvernementale», suppose la même source. En effet, dans des déclarations au quotidien Akhbar Alyaoum dans son édition du 27 avril à propos des appels au boycott visant les produits de trois sociétés, Benakirane a davantage ajouté de l’huile sur le feu.

L’ancien chef de l’exécutif s’est dit «surpris» que les promoteurs de la campagne aient intégré le lait et les eaux minérales alors que leurs prix n’ont enregistré aucune hausse. En revanche, il a dit «comprendre» les raisons du boycott de la société de distribution des carburants (une propriété du ministre Aziz Akhannouch), reconnaissant que les prix à la pompe de l’essence et du diesel ont augmenté.

Une nuance qui aurait été interprétée comme un «encouragement» de sa part à éviter les produits du groupe du ministre de l’Agriculture et de la Pêche, son grand adversaire politique, souligne notre interlocuteur. Dans les rangs du PJD, nombreux sont les membres qui accusent le président du RNI d'être la «cause directe» du limogeage d’Abdelilah Benkirane, en mars 2017, par le roi Mohammed VI.

La dernière intervention publique de l’ancien secrétaire de la Lampe remonte à février lors du 6e congrès de la jeunesse de son parti. Une sortie au cours de laquelle Abdelilah Benkirane avait mis en garde contre les dangers du «mariage de l’argent avec la politique», soulignant que «seuls les politiques sont les mieux placés pour traiter avec les citoyens».

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