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Maroc : L’AMDH fustige les conditions de détention de Zine El Abidine Erradi

A Sidi Ifni, la section locale de l’AMDH constate plusieurs irrégularités liées aux conditions de détention de Zine El Abidine Erradi. Elle en a fait part dans un récent communiqué, au moment où le comité de soutien au réfugié veut porter l’affaire à l’international.

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Zine El Abidine Erradi / Ph. DR.
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Depuis près d’une semaine que Zine El Abidine Erradi a suspendu sa grève de la faim, sous les conseils de son comité de soutien, le dossier de sa remise en liberté est resté au point mort. C’est ce que pointe du doigt un récent communiqué de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) à Sidi Ifni, antenne créée justement par Erradi.

Depuis sa décision de mettre fin à sa grève de la faim, le 19 avril, Erradi n’est donc plus dans une cellule d’isolement. Il a rejoint les espaces collectifs, où il est placé avec des détenus de droit commun. Ainsi, l’homme de 35 ans se retrouve avec 18 autres personnes, dans un lieu conçu pour en accueillir 13, fait remarquer le communiqué. Celui-ci indique que le militant est laissé sans couchage, la cellule n’étant dotée que de huit lits tous occupés. De plus, l’AMDH indique qu’il est mis dans une cellule de fumeurs, alors que la prison d’Aït Melloul, où il est admis, prévoit des espaces d’hébergement pour les détenus non-fumeurs.

De ce fait, la section locale de l’association à Sidi Ifni «tient responsable la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) au Maroc de toutes les éventuelles conséquences de ces conditions de détention sur la santé de Zine El Abidine Erradi».

Un recours international

Contacté par nos soins, le membre du comité de soutien à Erradi, Hassan El Haymouti, nous indique que Zine El Abidine Erradi «n’a droit qu’à dix minutes d’appels téléphoniques par semaine, alors que les autres détenus ont des appareils à leur disposition». Au sein du comité dont fait partie El Haymouti, treize associations, centrales syndicales et politiques se mobilisent depuis début avril pour trouver une issue favorable à cette situation. C’est-à-dire, «la remise en liberté de Zine El Abidine Erradi sans conditions et son retour en France», où il est réfugié politique depuis 2015.

En espérant faire avancer les choses dans ce sens, une conférence de presse a été organisée lundi à Agadir, en présence de l’épouse du détenu et de son frère. Depuis, les autorités françaises et marocaines «n’assument pas leur responsabilité dans ce qui se passe», rappelle notre interlocuteur.

Une autre source indique également à Yabiladi que «le consul de France serait en train de faire un rétropédalage dans sa gestion du problème». Pour l’instant, «ses promesses d’intervenir en faveur de la remise en liberté d’Erradi sont restées sans suites», précise notre source. Celle-ci estime que le consul «aurait subi des pressions car au début, il s’était engagé à exiger la libération de Zine El Abidine Erradi auprès des autorités marocaines et à rendre possible son retour sain et sauf en France».

Plus tard, «il disait qu’il fallait mobiliser deux avocats pour coordonner, un en France et l’autre au Maroc. Par la suite, il ne donnait plus vraiment suite à tous ces engagements, alors qu’il avait reçu la visite d’acteurs associatifs à deux reprises, depuis l’arrestation du réfugié».

De son côté, Hassan El Haymouti précise qu’«un courrier officiel sera soumis au diplomate dans les prochains jours, signé par le comité de soutien». Et d’ajouter :

«Les autorités françaises ne veulent pas assumer leurs responsabilités, par peur de provoquer une crise diplomatique avec le Maroc, d’autant que des associations sont mobilisées parallèlement en France et que nous écrirons à d’autres ONG pour que l’affaire devienne internationale.»

Dans ce sens, un rassemblement a mobilisé, lundi à Paris, plusieurs associations devant le siège du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) pour demander le retour de Zine El Abidine Erradi. «Nous songeons également à porter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’Homme à Strasbourg et devant la Cour de justice de l’Union européenne au Luxembourg», nous confie Hassan El Haymouti.

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