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Politique   Publié

Le directeur d’un institut israélien au Maroc sous le coup d’une instruction judiciaire

Depuis une semaine, la polémique enfle. Le Groupe d’action national pour le soutien à la Palestine et l’Observatoire marocain contre la normalisation ont révélé l’existence d’un institut israélien de formation sécuritaire au Maroc, faisant ainsi réagir la justice.

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Ph. مجموعة العمل الوطنية من أجل فلسطين بالمغرب

Le Groupe d’action national pour le soutien à la Palestine et l’Observatoire marocain contre la normalisation a annoncé lundi, dans un communiqué, avoir rencontré l’Union marocaine du travail (UMT) au sujet du Israeli Alpha Institute for the formation of Bodyguard (l’Institut israélien Alpha pour la formation de gardes du corps).

Cette action est menée conjointement avec des partis politiques marocains et des centrales syndicales. L’objectif est de sensibiliser travailleurs, salariés et ouvriers du pays afin de mieux contrer des actions qui vont jusqu’à «menacer la stabilité du Maroc», indiquent le Groupe et l’Observatoire.

En effet, cette démarche donne suite à une conférence, tenue à Rabat le 17 avril dernier à l’initiative des deux organismes. La rencontre a porté sur les activités de l’Institut Alpha, qui, selon le Groupe et l’Observatoire, propose des formations aux entreprises privées de sécurité opérant au Maroc. La formation consiste à l’apprentissage du Krav Maga, une discipline de sport de combat née au sein de l’armée israélienne.

Après ces révélations publiques, Alyaoum24 a cité Abdelkader Ibrahimi, à la tête de cet institut au Maroc, qui a confirmé avoir fait appel à des moniteurs israéliens pour des formations organisées à Meknès, Khénifra et Midelt. Selon le concerné, les autorités marocaines ont été mises au courant de l’organisation de ces sessions, ainsi que de la venue du moniteur. D’après Ibrahimi, les autorités assuraient même la sécurité pour le bon déroulement des activités de l’institut.

Ibrahimi est allé jusqu’à assurer que les autorités lui auraient recommandé de faire profil bas, «en attendant que la polémique se dissipe», avant de reprendre «le cours normal de [ses] activités». En réaction, la Direction général de la sureté nationale (DGSN) a publié lundi un démenti, affirmant que l’homme fait toujours l’objet d’une enquête du Parquet, niant que ses agents auraient «assuré à Ibrahimi que l’affaire était close».

Le dossier est en cours d’instruction

Dans son communiqué, la DGSN affirme également que le dossier est «en cours d’instruction», ajoutant que ses détails seront sus dès la fin de ce processus.

Commentant la succession des faits auprès de Yabiladi, Sion Assidon du Mouvement Boycott – Desinvestissement – Sanctions (BDS Maroc), estime que les autorités n’étaient pas sans informations sur la venue des moniteurs et de personnalités françaises ou israéliennes dans le cadre des activités de l’Institut Alpha. Pour le militant, «aucune personne ou marchandise n’entre dans ce pays sans avoir été contrôlée».

Par ailleurs, Sion Assidon considère que l’enquête sur Ibrahimi est «venue en retard», le laissant se «poser plusieurs questions» :

«Comment se fait-il qu’on attende des révélations publiques pour enfin entamer une instruction judiciaire? Nous savons tous que dès qu’il s’agit d’affaires sécuritaires, les autorités interviennent instantanément. Pourquoi donc un tel retard dans ce cas présent?»

Le militant de BDS Maroc dit «avoir des réponses», mais qu’il «préfère laisser chacun déduire les siennes d’une situation pareille». Et d’ajouter :

«Soit les autorités n’étaient pas au courant de l’existence du Israeli Alpha Institute for the formation of Bodyguard au Maroc, ce qui est dangereux, soit elles en avaient connaissance mais elle n’ont pas réagi, ce qui est tout aussi dangereux. Je ne m’attends pas à grand-chose de cette instruction.»

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