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Maroc : Zine El Abidine Erradi suspend momentanément sa grève de la faim

Zine El Abidine Erradi, en grève de la faim depuis le 10 avril, proteste contre son arrestation au Maroc. Celle-ci est survenue alors qu’il bénéficie d’un sauf-conduit. Il suspend sa grève de la faim, en attendant de connaître les suites des promesses sur sa remise en liberté.

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Zine El Abidine Erradi / Ph. DR.
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Arrêté à l’aéroport d’Agadir le 4 avril, Zine El Abidine Erradi était exceptionnellement de retour au pays pour assister aux quarante jours après le décès de son père. Il était réfugié en France depuis 2015. Après avoir commencé une grève de la faim le 10 avril, il a annoncé la suspension de celle-ci par l’intermédiaire de sa famille, dans la nuit du jeudi au vendredi.

Cette décision a été prise pour «garantir le bon déroulement de la mobilisation des associations et des instances politiques qui œuvrent pour sa remise en liberté et son retour en France», explique la famille, qui a pu rendre visite au détenu le jour même à la prison d’Aït Melloul.

Zine El Abidine Erradi précise qu’«en cas de rejet de [sa] demande de remise en liberté sans conditions, [il reprendra] la grève de la faim jusqu’à [sa] sortie de prison». Il indique à sa famille être «déterminé à mener [sa] grève jusqu’à la mort».

Dans un communiqué, la famille du détenu exprime par ailleurs sa solidarité avec Zine El Abidine Erradi, appelant l’Etat marocain à permettre son retour en France et invitant l’Etat français à intervenir dans la gestion de ce dossier. Dans ce sens, elle rappelle aux deux pays leur responsabilité :

«Nous tenons responsables aussi bien le Maroc que la France de toute atteinte à la sécurité physique et mentale de Zine El Abidine. Sa vie est entre vos mains.»

Les autorités françaises nient tout contact avec le Maroc

Le sauf-conduit dont bénéficie Zine El Abidine Erradi lui a été accordé par la préfecture du Val-d’Oise. Contacté par nos soins, le corps associatif soutenant le détenu à Agadir nous a précisé que «le Maroc avait donné des garanties au bureau des réfugiés à Paris, s’engageant à ce que le concerné ne soit pas inquiété sur ses droits lors de ce court séjour».

Au lendemain de l’arrestation, des membres ont été reçus à deux reprises par le consul de France à Agadir, qui a contacté les autorités marocaines à ce sujet. Par ailleurs, un appel a été lancé pour un rassemblement le 23 avril devant le siège du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) à Paris.

Contactée par Yabiladi de son côté, la préfecture du Val-d’Oise explique qu’aucune négociation n’a été menée avec l’Etat marocain, avant l’attribution du sauf-conduit à Zine El Abidine Erradi :

«Conformément aux dispositions de la circulaire du 27 décembre 1996, un sauf-conduit a été délivré à M. Erradi à titre exceptionnel et sur la demande express de l’intéressé qui avait été informé des risques qu’il encourait. Les autorités marocaines n’ont en aucune manière été sollicitées dans ce cadre, une telle démarche entrant en contradiction avec les principes de la Convention de Genève

Aziz Sellami, président de la section locale de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) à Agadir, avait précédemment affirmé à Yabiladi qu’«il faudrait partir du principe que les réfugiés politiques bénéficient d’une protection internationale à laquelle le Maroc adhère, en sa qualité de signataire de la Convention de Genève. L’Etat marocain doit donc considérer Erradi en tant que tel».

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