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Réchauffement des relations maroco-saoudiennes autour d’un dîner parisien

Depuis mai 2017, les relations entre le Maroc et l'Arabie saoudite traversent une zone de turbulence. En cause, de profondes divergences sur le blocus décrété contre le Qatar et les «arrestations» du Premier ministre libanais, Saâd Hariri et le prince Al Walid. Hier à Paris, le roi Mohammed VI s'est réuni avec Mohamed Ben Salmane, l'homme fort à Riyad. 

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Saâd Hariri, Mohammed VI, Mohammed Ben Salmane / Ph. Saad Hariri - Twitter
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Après des séjours au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, le prince héritier Mohamed Ben Salmane est en France. A défaut de mirobolants contrats d'armes accordés aux Français, sa photo avec le roi Mohammed VI et le Premier ministre libanais, Saâd Hariri, a enflammé les réseaux sociaux et suscité même l'étonnement de l'ancienne présidente du patronat français.

Une réunion à même de relancer les spéculations sur une possible réconciliation entre le souverain marocain et l'homme fort dans le royaume wahhabite. Les relations entre les deux hommes ont en effet traversé une véritable zone de turbulences durant les onze derniers mois.

Profondes divergences sur le Qatar et arrestations d'El Hariri et le prince Al Walid

Le Maroc n'a pas adhéré au blocus imposé au Qatar par l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Bahreïn et l'Egypte au lendemain du sommet international contre le terrorisme en mai 2017. Pour justifier la position de Rabat, des explications officielles ont été exprimées via un communiqué du ministère des Affaires étrangères datant du 12 juin, sans réellement convaincre les quatre Etats et surtout Riyad.

Depuis, des médias et des responsables très proches de Mohamed Ben Salmane décochaient régulièrement des flèches en direction du Maroc. La candidature marocaine à l'organisation du Mondial 2026 leur a donné l'occasion idoine de rappeler au royaume son refus de rejoindre le club des pays ayant décrété le blocus contre Doha. En témoigne les récents tweets de Turki Al Cheikh, président du conseil d'administration de l'Autorité générale du Sports en Arabie saoudite.

Entre temps, les «arrestations», décidées par Mohamed Ben Salmane en novembre, de Saâd Hariri et du prince Al Walid Ben Talal avaient contribué à obscurcir un peu plus le ciel des relations entre Rabat et Riyad. Des médias à Beyrouth ont ainsi rapporté que le prince héritier aurait décliné une médiation de Mohammed VI en faveur du Premier ministre libanais et cousin du prince Moulay Hicham.

Mohammed VI se rendra-t-il au sommet de Riyad du 15 avril ?

Le diner parisien sera-t-il annonciateur d’une réconciliation entre Mohammed VI et Mohamed Ben Salmane ? Au-delà de l’indispensable soutien dont le Maroc a besoin pour apouyer sa candidature pour l’orgabisation de la Coupe du monde de football 2026, Rabat attend surtout de Riyad l’appui financier promis. En 2013, le Conseil de Coopération des Etats du Golfe s’était engagé a financer le Royaume du Maroc à hauteur de 5 milliards de dollars. Un engagement sur 5 ans qui arrive donc à échéance cette année.

Si la décontraction de Mohammed Ben Salmane, Mohammed VI en compagnie de Saâd Hariri, plaide pour le réchauffement des relations, les reconfigurations rapides des alliances ces deux dernières années invitent à la prudence. Une confirmation pourrait venir le 15 avril prochain à l’occasion du 29e sommet de la Ligue arabe en Arabie saoudite. Une présence du roi Mohammed VI à ce rendez-vous annuel des chefs d’États arabes acterait le message positif envoyé sur la photo.

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