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Sport Publié

Nassim El Hadaoui : Le foot à la plage, ma vie ! [Magazine]

Il est l'espoir du beach soccer au Maroc. A 24 ans, Nassim El Hadaoui marche sur les traces de son père, l'international marocain Mustapha El Hadaoui, pour porter encore plus haut le football marocain. Son plus grand rêve : participer avec la sélection nationale à un mondial de beach soccer. Portrait.

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Tel père, tel fils», a-t-on l'habitude de dire. Ce proverbe trouve tout son sens dans la famille des El Hadaoui, où Nassim a vu le jour un 12 décembre 1987. Comme celle de son père, Mustapha, la vie de Nassim El Hadaoui est rythmée par le football. Il est sa passion, jouer au ballon rond est le plus grand plaisir de ce jeune homme sec, en apparence, qu'on ne croirait pas capable de courir derrière un ballon, surtout sur un terrain de sable. Pour Nassim El Hadaoui, il n'y a pas meilleur sport que le beach soccer, le football de plage !

Pourtant, le jeune Nassim, enfant, rêvait de devenir une star du ballon rond sur la pelouse verte, mais à force d'aller jouer à la plage, «la réorientation vers le beach s'est faite toute seule», notamment avec les «tournois inter-quartiers organisés sur la plage d'Aïn Diab», à Casablanca. Né dans une famille où le sport est source de bon¬heur, Nassim intègre l'école de football du Raja de Casablanca dès l'enfance jusqu'à la catégorie des «cadets». A 11 ans, le jeune El Hadaoui rem¬porte avec son école de football le championnat national en catégorie «minimes». Il est élu à deux reprises, en 1998 et 99, meilleur joueur de sa promotion, dans le centre de formation des Verts et Blancs. En 2005, il quitte le Maroc pour Antibes, sur la Côte d'Azur. Le fils de Mustapha El Hadaoui traverse la Méditerrané pour poursuivre ses études en France, mais, dans la tête de l'étu-diant, «le rêve était de percer en joueur profes-sionnel là-bas». Le destin en décide autrement.

A cœur vaillant, rien d'impossible

Quelques mois après son arrivée dans l'hexa-gone, une fracture du tibia et «quelques pépins physiques» l'éloignent des terrains pendant un an. S'ensuit une déception qui «a mis fin à mes rêves de carrière en France», raconte-t-il. Dès lors, il fallait se concentrer sur les études. Tou-tefois, l'amour du ballon rond est tellement fort chez Nassim que cette épreuve n'a pas pu le séparer du football. Le train des pros lui a échappé, mais il ne rate pas celui des amateurs, en divi¬sion d'honneur. Nassim dépose ses balluchons au Stade Laurentin Club.

A cœur vaillant, rien d'impossible ! Nassim El Haddaoui vibre pour le football de plage. Petit à petit, il remonte la pente et parvient à s'imposer. C'est ainsi qu'en 2008, à 21 ans, il est convoqué pour la première fois en sélection nationale de beach soccer. «C'était à St Maximes, en France. J'ai eu l'occasion de jouer contre les Pays-Bas, en match de classement pour les troisième et quatrième places», se rappelle-t-il toujours. Ce jour là, Nassim a réussi son baptême du feu : «Nous avons gagné 4 à 2 et j'ai inscrit le quatrième but du match, mon premier but avec la sélection.»

A l'école des grands

Ce tournoi international est également synonyme d'apprentissage pour le jeune débutant. «Lors de cette sélection, j'ai côtoyé la fameuse génération dorée de 1998 avec des noms comme Daoudi Lakhlej, Abrami Nader... qui m'ont énormément appris et fait évoluer sur sable.» A partir de là, Nassim devient de moins en moins complexé sur les terrains et gagne en expérience. De même que quelques titres. Il remporte notamment, à 3 reprises, le tournoi international de Casablanca de beach soccer avec la sélection marocaine, ainsi que le titre de MVP [ Most Valuable Player, meilleur joueur, ndlr] à ces trois rendez-vous.

El Hadaoui fils est très loin, toutefois, de réaliser son rêve le plus ardent : «participer à une coupe du monde de beach soccer avec la sélection nationale». Le Maroc n'a pas encore pu se qualifier à cette compétition mondiale, depuis qu'il participe aux championnats d'Afrique, lancés en 2006, et synonymes d'éliminatoires pour le Mondial. L'espoir était permis cette année avec l'organisation de la coupe d'Afrique à Casablanca, mais le talent d'El Hadaoui et de ses coéquipiers n'a pas pu faire la différence face aux ténors du continent. Le Sénégal, vainqueur de cette 5e édition, et le Nigéria, vice-champion d'Afrique ont été les plus forts. L'Egypte par sa victoire sur le Maroc en match de poules (3-0) a mis fin aux espérances marocaines, pour cette fois.

Le foot et l'école

Ce qu'il n'arrive pas encore à réaliser avec la sé-lection nationale, Nassim espère y parvenir sur le plan personnel : «je souhaite devenir l'une des références africaines du beach soccer», assure-t-il. Réussir à «promouvoir ce sport magnifique au Maroc» figure également parmi ses priorités. En attendant, c'est au Lycée Lyautey de Casablanca que ce titulaire d'un BTS en management des unités commerciales fait office d'assistant d'éducation, tout en préparant sa licence pro en mana-gement des organisations. En tant que joueur de beach soccer, El Hadaoui évolue actuellement au Club alpin français de Casablanca, dans le cham-pionnat des entreprises.

Ma famille, mon bonheur

Fils aîné d'une famille de quatre garçons, Nassim se dit fier d'être le fils de Mustapha El Hadaoui et d'Amina Harouane, les «deux personnes qui [lui] sont les plus chères avec [ses] frères». Dans cette famille de sportifs, le papa est une réfé¬rence, surtout pour Nassim. «C'est le fait d'avoir assisté à la coupe du monde 94 aux Etats-Unis qui a réveillé en moi la passion du football. J'ai eu la chance, se vante-t-il, de suivre les matchs du Maroc contre les Pays-Bas et contre l'Arabie Saoudite sur le banc de touche marocain, aux cô-tés de mon père, alors blessé. Cela m'a marqué à vie.» Normal que le papa soit sa plus grande fierté. Un père qui a lancé les trois autres frères de Nassim sur les mêmes rails : Anas, 21 ans, Sami et Amir, respectivement 12 et 11 ans, évoluent dans les différentes catégories du Raja de Casablanca ! Tous rêvent de dépasser leur papa en notoriété. Si Nassim ne perd pas son objectif de vu, pour lui, «rien de mieux qu'une bonne partie de foot avant une baignade.»

Cet article a été précédemment publié dans Yabiladi Mag n°9

Beach soccer : un sport très physique

Le beach soccer, ancien loisir de vacanciers, s'apparente au football et se joue sur le sable, le plus souvent à la plage, sur un terrain de 28x37 mètres. C'est un sport très fatiguant qui exige une très bonne condition physique. Un match de beach soccer dure 46 minutes, divisées en trois périodes (tiers-temps) de 12 minutes chacune. Entre chaque tiers-temps, les joueurs ont trois minutes pour se reposer. En cas de d'égalité à la fin du temps réglementaire, une période de trois minutes de prolongation est accordée, avec la règle du but en or. Une séance de tirs au but est par la suite tenue si les équipes ne parviennent pas à se départager durant ces prolongations.

Comme au basketball, une équipe de beach soccer est composée de cinq joueurs, remplaçables à tout moment. Lors d'un même match, un joueur peut être remplacé puis revenir sur le terrain à plusieurs reprises. L'entraîneur, pour sa part, peut effectuer autant de changements qu'il le désire.

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