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Politique Publié

«Kadimoune» veut faire renaître la gauche de Simon Lévy contre «le courant des ministres PPS de droite»

Les 10, 11 et 12 mai, le PPS tiendra son 10e congrès. A quelques semaines de cette grande messe, des camarades qui ne s'identifient pas dans la ligne politique suivie par le secrétaire général ont lancé leur propre courant «Kadimoune» (Nous arrivons). Ses promoteurs se revendiquent comme héritiers légitimes de la tendance «Lazilna ala attariq» (Nous sommes toujours sur la même voie) lancée en 2002, du temps d'Ali Yata, par Simon Lévy, décédé le 2 décembre 2011. Yabiladi a réalisé une interview avec le coordinateur de «Kadimoune», Hassan Benkabli.

Temps de lecture: 2'
Hassan Benkabli avec Nabil Benabdellah / DR

Pourquoi avez-vous lancé votre mouvement le 4 mars ?

Il faut préciser que la naissance de notre courant n'est pas récente mais remonte au 5e congrès du parti, organisé sous l'ère d'Ali Yata. C'est un courant lancé à l'intérieur du PPS résolument à gauche et opposé à toute orientation de droite qui pourrait être constatée chez certaines composantes du parti. Lors du 6e congrès de 2002, Simon Lévy et Abdelmajid Douieb ainsi que d'autres cadres étaient les porte-paroles de nos valeurs.

Nous existons depuis des années. Nous représentons l'aide gauche au sein du PPS qui s'oppose à l'aile de droite de l'actuel secrétaire général, Nabil Benabdellah. Nous défendons, par exemple, la monarchie parlementaire et hostile à l'alliance avec le PJD.

Ce qui s'est passé le 4 mars est la structuration pour la première fois de notre courant avec la désignation d'un bureau national, d'un coordinateur nationale et d'un conseil national.

Et quels sont vos objectifs ?

Notre principal objectif est qu'un parmi nous qui porte nos idées et défend notre orientation politique puisse diriger le parti. Nous visons le sommet du PPS. Nous voulons que le parti renoue avec la vraie gauche.

Votre action bénéficie-t-elle de l'appui de membres influents au sein du PPS ?

La base nous soutient mais les dirigeants sont du côté de l'actuel secrétaire général. Ceux qui défendent nos valeurs ont été marginalisés et écartés des centres de décisions. Le secrétaire général et les membres du bureau politique refusent de se réunir avec nous.

Comment «Kadimoune» se prépare pour l'échéance du 10e congrès ?

Nous demandons le report du congrès. Nous allons saisir en cela la justice. Nous avons relevé des irrégularités que le secrétaire général et le bureau politique ont commis. Nous avons préparé le dossier. Seul un ou deux jours nous sépare de la présentation de notre requête à la justice. Le 10e congrès ne se tiendra pas en mai. Nous en sommes convaincus.

D'aucuns vous accusent de jouer les perturbateurs, arguant que le PPS a refusé d'obtempérer à des ordres...

Le parti n'est pas indépendant. Est-ce que la dépendance au PJD est une indépendance ?

Ils invoquent l’alliance entre les deux formations...

Il n'y a aucune alliance mais plutôt une dépendance. Toutes les décisions prises par le parti sont de droite en phase avec les orientations droitière du PJD. Nous revendiquons une réelle indépendance du PPS dans ses relations avec toutes les partis y compris le PJD.

Lorsque nous nous allions avec un parti comme le PJD pour obtenir cinq ministères au gouvernement (Benkirane I et II, ndlr) -ce que d'ailleurs nous ne méritons pas en tant que force politique et électorale- il y a de toute évidence une contrepartie. Et bizarrement, le PPS a depuis commencé à défendre les positions du PJD perdant ainsi sa réelle identité.

Comment «Kadimoune» évalue les récents limogeages de Benabdellah et Louardi par le roi Mohammed VI?

Avant les limogeages, nous avions dit que le parti n'est pas sur la bonne voie. Personnellement, je pense que le PPS n'était pas visé pas ses évictions, sachant qu'elles ont également concerné des ministres de partis connus pour leur proximité des centres de décisions, tel le Mouvement populaire.

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