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Ceuta : Le fardeau des porteuses de marchandises va-t-il s’alléger ?

C’est un petit pas, car le calvaire que subissent les femmes porteuses de marchandises dans les enclaves espagnoles reste sans fin. Une nouvelle loi relative à leur activité sera appliquée début avril. Elle suscite déjà des avis mitigés.

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Ph. DR.
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Le site local El Faro de Ceuta a annoncé ce jeudi «l’interdiction de franchir la frontière en portant des marchandises sur le dos». La loi rentrera en vigueur le 2 avril prochain, jour de la réouverture du poste-frontière Tarajal. 

L’objectif de cette nouvelle mesure est de «fluidifier» le passage et de «l’humaniser», précise le site. Cependant, cette règle ne s’appliquera ni au textile, ni aux vêtements neufs ou usagés. Il sera toujours possible de porter sur le dos un paquet de 60 x 40 centimètres. Quant au reste de la marchandise, comme le matériel ou la nourriture, il devra être transporté sur un charriot.

Par ailleurs, une demande par écrit a été déposée auprès d’une compagnie de bus, pour la création d’un nouvel arrêt à l’entrée des zones industrielles. La décision n’est cependant pas encore actée.

Contacté par Yabiladi, Boubker Largo, président de l’Organisation marocaine des droits de l’Homme (OMDH), déclare que «cette mesure entre en vigueur après plusieurs demandes faites par des associations et organisations, marocaines et espagnoles».

Quotidiennement, ces femmes portent sur leur dos plus de 50 kilos. Il sera enfin possible de les alléger de ce fardeau, surtout que «ce ne sont pas elles qui en profitent. Elles restent, comme son nom l’indiquen des porteuses», ajoute le militant.

Des conditions humaines pour un travail précaire

Selon un rapport de l’association Pro Droit Humains d’Andalousie (APDHA), les commissions que reçoivent ces porteuses oscillent entre 150 et 300 dirhams par jour. Ces variations dépendent justement du poids du paquet et de la valeur de la marchandise, en prenant aussi en considération les règles qui régissent le marché, à savoir l’offre et la demande.

Ce salaire dérisoire est dû également au statut de ces femmes. Elles sont considérées comme de simples touristes qui partent faire leur «courses», précise le rapport «Respect et dignité pour les femmes marocaines qui transportent des marchandises à la frontière marocaine et à Ceuta», élaboré par l’APDHA.

Dans ce sens et depuis plus de deux ans, l’association demande à ce que ces femmes qui se rendent à Sebta ou Melilia soient considérées légalement comme étant des «travailleuses frontalières». Ceci leur permettra d’avoir accès aux prestationx et aux services de sécurité sociale, au même degré qu’un citoyen espagnol.

Par ailleurs, «ce problème devrait être réglé à sa source», nous explique le président l’OMDH qui appuie la demande de régularisation du statut de ces femmes, ajoutant que leur situation a assez duré.

Le militant considère que la nouvelle de l’entrée en vigueur de cette loi n’est pas si bonne que cela, car «les femmes toucheront moins qu’avant, vu que le prix du paquet dépend de son poids».

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