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PPS Vs RNI : El Othmani prend la défense du Plan Maroc Vert piloté par Akhannouch

Face à la volonté du PPS d’évaluer le bilan du Plan Maroc Vert, El Othmani n’hésite pas à couvrir d’éloges le programme piloté par Aziz Akhannouch.

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Le chef du gouvernement Saâdeddine El Othmani s'est engagé à soutenir les programmes du Plan Maroc Vert. / Ph. DR

Le chef du gouvernement Saâdeddine El Othmani s’est engagé à soutenir les programmes du Plan Maroc Vert, lancé en avril 2008 par le ministre Aziz Akhannouch devant le roi Mohammed VI. Une annonce faite par le chef du gouvernement dans une circulaire adressée ce mardi à ses ministres, résumant ses orientations à l’heure de la préparation des Lois de finances pour les trois années à venir.

Dans la circulaire, Saâdeddine El Othmani a notamment couvert d’éloges ledit Plan, qualifiant de «positifs» ses résultats sur le développement de l’agriculture au Maroc. Son prédécesseur à la présidence du gouvernement, Abdelilah Benkirane, avait également salué le bilan du PMV.

En juin 2015 devant la Chambre des conseillers, l’ancien chef du gouvernement avait affirmé que grâce au Plan Maroc Vert, la production nationale en fruits et légumes «couvre l’ensemble des besoins de la consommation intérieure, alors qu’une partie est destinée à l’exportation».

El Othmani répond indirectement à Benabdellah

Cet engagement de la part du chef de l’exécutif à apporter son appui au programme que pilote depuis 2008 Aziz Akhannouch devrait faire grincer de dents chez les camarades du PPS, une autre composante de la majorité gouvernementale.

Et pour cause, la semaine dernière, Nabil Benabdellah a appelé à une «évaluation» des résultats du Plan Maroc Vert, arguant que «tout est objet de débat». Le secrétaire général du PPS a annoncé qu’en prévision de son 10e congrès, son parti prévoit d’organiser une conférence sur l’agriculture au Maroc. En principe, elle devrait se tenir avant le 11 mai, date du début du prochain conclave du Livre.

Force est de constater que l’annonce du n°1 du PPS s’inscrit dans le cadre des différends que se livrent depuis des mois le RNI et le PPS. Actuellement encore au stade d’escarmouches, ces désaccords pourraient évoluer vers l’affrontement direct.

Les congrès régionaux de la Colombe avaient en effet permis à son président et à d’autres membres du bureau politique de pointer du doigt les dysfonctionnements dans trois secteurs : l’emploi, l’enseignement et la santé. Aziz Akhannouch les a qualifiés d’«axes prioritaires» pour sa formation lors d’une allocution devant les membres de son parti, début décembre à Tanger.

Or, la Santé est un département que le PPS dirige depuis 2012. Il n’a été contraint de céder les commandes de l’Emploi au PJD qu’avec la formation du gouvernement El Othmani en avril 2017.

Ces duels à fleurets mouchetés, pour l’instant, sont fréquents entre les composantes de la majorité gouvernementale. Ils risquent néanmoins de passer à une vitesse supérieure, notamment si l’option des législatives anticipées se précise.

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