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Le Polisario annonce le transfert de son «ministère de la Défense» à Bir Lahlou

Le Polisario a récemment annoncé le transfert de son «ministère de la Défense» vers la zone tampon de Bir Lahlou, près de la frontière avec la Mauritanie. Il s’agit de l’aboutissement d’un projet où l’Algérie tiendrait un rôle important. Explications.

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Zone tampon de Bir Lahlou / Ph. Evan Shneider (UN Photo)
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Le Polisario entend bien imposer à Bir Lahlou le statut de «capitale». En effet, sous Brahim Ghali, les réunions de la direction du Front ne sont plus tenues au camp Rabouni. Le secrétaire général ne cache plus son ambition de faire de la zone tampon le nouveau centre de son pouvoir.

Conformément à cette orientation, le «ministère de la Défense» du Front a annoncé la construction de son nouveau siège à Bir Lahlou. Si le projet est bien mené, le transfert des autres services politiques du Polisario devrait suivre.

Bir Lahlou n’est pas une région inconnue de la cartographie géopolitique polisarienne. Elle accueille déjà le tombeau de Mohamed Abdelaziz. Le lieu s’est fait connaître davantage en mars 2016, lorsque le Polisario a décidé d’y accueillir l’ancien secrétaire général des Nations unies, Ban ki-moon.

Les paramètres de l’Algérie et de l’eau

Le rêve de Brahim Ghali ne se limite pas uniquement à Bir Lahlou, située à près de 230 kilomètres d’Es-Smara. Il concerne également les autres zones tampon.

Dans son ensemble, l’opération nécessite un budget conséquent. Le parrain algérien devrait en assurer le financement, à moins d’exprimer une autre position, sachant que dans les camps de Tindouf, sa police, son armée, sa douane et ses renseignements sont déployés en grand nombre.

En revanche, à Bir Lahlou ou à Tifarity, l’Algérie hésite plus à marquer sa présence, par crainte d’être assimilée à une force occupante et entrer dans un conflit ouvert avec et les Nations unies et le Maroc. La «neutralité» qu’Alger ne cesse de clamer haut et fort prendrait alors un sérieux coup.

Un autre paramètre entre en jeu dans le projet de Brahim Ghali, à savoir l’eau. «La situation de la nappe phréatique à Rabouni est différente de celle à Bir Lahlou. Certes, il y a un puits, mais celui-ci il ne pourrait suffire à garantir la distribution des eaux rationnées à des milliers d’habitants», affirme une source contactée par Yabiladi.

Force est de constater que pour l’instant, la diplomatie marocaine n’a pas encore commenté la décision du Polisario de transférer son «ministère de la Défense» sur la zone tampon de Bir Lahlou. Par ce silence, le Rabat espère-t-elle renvoyer la balle dans le camp des Nations unies ? En effet, c’est surtout à l’ONU que revient la responsabilité de réagir. En 2017, lors de la crise de Guerguerate, l’organisation internationale a contraint le Front à retirer ses éléments armés du corridor.

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