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Archive Environnement Publié

Nomad #68 : Le parc national d’Al Hoceïma, entre terre et mer

Le parc national d’Al Hoceima est l’un des rares lieux protégés à disposer d’une partie marine incluse, permettant notamment à des espèces menacées de trouver un refuge sûr où se reproduire.

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Au loin, on peut apercevoir l’île Cala Iris. / Ph. Sidi Imad Cherkaoui

Créé en 2004, le parc national d’Al Hoceima est l’un des plus récents de la région. Ses paysages sont à couper le souffle. Entre falaises majestueuses et mer turquoise, le lieu est propice à la balade et aux photos.

«Le parc national d’Al Hoceima dispose d’une partie terrestre qui se situe dans le massif de Bokoia dans le Rif central. Ce sont des falaises qui descendent en abrupt vers la mer méditerranée», indique à Yabiladi Sidi Imad Cherkaoui, ornithologue et professeur à l’université Moulay Ismail.

Le parc est exploité pour l’arboriculture, «notamment les amandiers et des massifs forestiers qui gardent quelques témoins de la forêt du Rif qui a pratiquement disparu, comme des massifs du Tuia et d’autres essences forestières».

Le parc national d'Al Hoceima. / Ph. DRLe parc national d'Al Hoceima. / Ph. DR

Balbuzards pêcheurs et dauphins

Sur 48 000 hectares de surface, le parc national d’Al Hoceima s’étend à perte de vue. L’une des caractéristiques de ce lieu est qu’il dispose d’une partie maritime protégée, qui représente «1/3 de sa surface», nous explique le scientifique. Ce lieu a été créé pour protéger une espèce en particulier, qui est très répandue dans le monde : Le Balbuzard pêcheur, un aigle «qui se reproduit en mer méditerranée, notamment dans le massif de Bokoia». Sidi Imad Cherkaoui précise que cette espèce «a pratiquement disparu dans plusieurs zones méditerranéennes». Cela explique la mise en place de ce parc pour éviter l’extinction de l’espèce.

Le Balbuzard pêcheur «niche dans les falaises et pêche dans la mer en contrebas». Son déclin peut être lié à l’activité humaine, comme nous l’explique le professeur de l’Université Moulay Ismail : «Elle est dûe notamment à la présence des dynamiteurs, ces gens qui pêchent à la dynamite. Ils escaladent les falaises, scrutent la mer et dès qu’ils détectent un banc de poissons, ils y jettent de la dynamite.» D’autres techniques de pêche, non durables, impactent la présence du Balbuzard pêcheur.

Le balbuzard pêcheur. / Ph. Sidi Imad CherkaouiLe balbuzard pêcheur. / Ph. Sidi Imad Cherkaoui

La société civile s’est alors mobilisée pour la protection de ce littoral, de la zone marine et de cette espèce. Petit à petit, à travers l’encadrement des pêcheurs, en travaillant quotidiennement avec ces deniers pour changer les pratiques et les méthodes, les choses ont pu s’améliorer.

«L’association de gestion intégrée des ressources (AGIR) a collaboré avec la cellule du parc pour encadrer et former des coopératives, pour trouver des alternatives et pour éliminer les pratiques non durables comme la pêche à la dynamite, pour sensibiliser au respect du maillage des filets. Ils ont aussi eu un impact direct sur le Balbuzard pêcheur qui a doublé d’effectif ces dernières décennies.»

Le parc national d’Al Hoceima a une présence «quasi-permanente de Cétacés, notamment les dauphins». Il est possible de les voir sautiller en dehors de l’eau depuis la falaise. Le lieu est aussi le dernier «refuge en méditerranée du phoque moine», cette espèce qui a «été pratiquement décimée depuis 30 ans. Les derniers contingents se trouvent en Grèce et en Turquie», conclut l’ornithologue.

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