Terrorisme Publié

Un Marocain réclame 1,8 millions d’euros à la justice espagnole

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Farid Hilali, escorté par deux agents de la police espagnole sur la base aérienne de Torrejon de Ardoz (banlieue de Madrid), le 8 février 2008 / Ph. Ministère espagnol de la Défense / EPA

Farid Hilali demande une indemnisation de 1,8 millions d’euros, pour avoir été accusé à tord d’être lié au groupe terroriste Al Qaïda et aux attentats du 11 septembre 2001.

Ses ennuis avec la justice ont commencé en 1999 lorsque, comme l’explique The Guardian, Hilali a été arrêté pour avoir ses liens présumés avec Al Qaïda. Il déclare avoir été torturé par un homme qui aurait affirmé représenter le gouvernement britannique. Par la suite, il a été été extradé vers le Maroc, avant d’être renvoyé au Royaume-Uni où il a fait une demande d’asile en 2003.

En 2004, Farid Hilali a été arrêté une nouvelle fois, soupçonné d’être mêlé à la plus grande attaque terroriste perpétrée aux Etats-Unis, le 11 septembre 2001. Au total, il a passé 1711 jours en prison entre le Royaume-Uni et l’Espagne, où il a été acquitté puis mis en liberté en 2012. En effet, le parquet ibérique estime ne pas disposer de preuves d’un quelconque lien entre Farid et les attentats du 11 septembre.

Mais avant d’arriver à cette conclusion, la justice espagnole a considéré que Farid était «Shakur», l’homme qui aurait annoncé les attentats du World Trade Center. Sous le pseudonyme de Shakur, un individu aurait effectivement appelé Iman Eddin Barakat Yarkas, alias Abu Dahdah, le 27 août 2001, pour l’informer qu’«ils» étaient «dans le champ de l’aviation» et que «l’oiseau» avait été «égorgé».

Les procédures judiciaires ont duré plus de huit ans, années durant lesquelles Farid a été privé de liberté. Il indique ainsi à The Guardian que sa «vie a été ruinée» : «Ma femme et moi avons beaucoup souffert. L’argent ne me rendra pas ma vie. Je ne souhaite à personne de passer par un calvaire comme celui que j’ai vécu.»

Le conseil général du pourvoir judiciaire espagnol (CGPJ) a récemment affirmé qu’il y aurait eu «anomalie de la part de l’administration et de la justice», donnant finalement raison à Farid Hilali. Comme le précise El País, le ministère espagnol de la Justice devra s’entendre sur un montant pour le dédommagement.

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