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Les réfugiés au Maroc ne peuvent obtenir la carte de séjour depuis mars 2017

La Commission interministérielle ad-hoc de régularisation des réfugiés, hébergée au Bureau des réfugiés et des apatrides (BRA) à Rabat, est pour l’heure suspendue.

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Depuis mars dernier, les titres de séjour pour les réfugiés au Maroc sont bloqués. / Ph. AFP - Bulent Kilic

La situation au niveau du Bureau des réfugiés et des apatrides (BRA) à Rabat est toujours en suspens. Depuis mars 2017, les audiences n’ont plus lieu. Par conséquent, plusieurs centaines de personnes reconnues comme réfugiées par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) se retrouvent bloquées, sans possibilité d’obtenir le précieux sésame : la carte de séjour.

«La suspension des auditions du BRA depuis un an pose problème, cela empêche les réfugiés d’obtenir une carte de séjour. Cette situation est particulièrement problématique pour l’accès à l’emploi salarié. Sans carte de séjour, il n’y a pas de possibilité d’avoir un emploi salarié dans le secteur formel», déclare à Yabiladi Jean-Paul Cavalieri, représentant au Maroc du HCR.

Selon le responsable onusien, il s’agirait de «plus de 500 Subsahariens en instance d’audition au BRA et de 800 réfugiés syriens». Il est «important de faire en sorte que ces personnes bénéficient des droits que la SNIA (Stratégie nationale d’immigration et d’asile, ndlr) leur octroie».

Paradoxe

Jean-Paul Cavalieri rappelle les efforts constants réalisés par le ministère des Marocains résidant à l’étranger et des affaires de la migration, et par le ministère du Travail et du HCR : «Un très bon travail a été fait pour sensibiliser le secteur privé à la possibilité d’employer des réfugiés. Beaucoup d’entreprises recherchent des profils dans cette population-là, et pour certaines d’entre elles voudraient exécuter la RSE, la responsabilité sociale, notamment en vue de soutenir la SNIA qui est en train de rassembler un consensus large dans le secteur privé.»

Toutefois, un paradoxe est à noter : d’un côté, les ministères travaillent à la sensibilisation ; de l’autre «l’administration, qui doit régulariser ces réfugiés pour que ces derniers puissent bénéficier des opportunités, ont suspendu les auditions depuis un an», regrette le représentant du HCR au Maroc.

«C’est dommage puisque ça discrédite les efforts des institutions en question et du HCR qui ont un dialogue très constructif dans le secteur privé.»

Les auditions primordiales pour la délivrance de la carte de séjour interviennent lorsque le HCR termine l’instruction des dossiers à son niveau, puis les réfère sur une base de listes soumises au ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale (MAECI). Après approbation, les auditions sont programmées durant deux jours en semaine, les mardi et jeudi, auprès de la Commission interministérielle ad-hoc de régularisation des réfugiés, hébergée au Bureau des réfugiés et des apatrides à Rabat.

Contacté à plusieurs reprises par Yabiladi, le ministère délégué chargé des Marocains résidant à l’étranger et des affaires de la migration n’a pas donné suite à nos sollicitations.

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