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Politique Publié

Un livre américain attribue aux Israéliens les premiers rôles dans l'assassinat de Ben Barka

L’implication des Israéliens, au plus haut sommet de l’Etat, dans l’assassinat de Mehdi Ben Barka n’est plus à démontrer. L’auteur du livre «Rise and Kill First» leur attribue le premier rôle dans l’élimination physique du leader de la gauche marocaine.

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Mehdi Ben Barka / Ph. DR.

Le nouveau livre du journaliste israélien Ronen Bergman, «Rise and Kill First», paru récemment aux Etats-Unis, a établi une liste quasi-exhaustive des assassinats politiques commis par les Israël depuis 1948, indique Jeune Afrique.

Si les Palestiniens en sont les principales cibles, d’autres ressortissants ont également été éliminés. Mehdi Ben Barka en fait partie.

Le livre de Ronen Bergman revient sur le rôle déterminant joué en son temps par l’Etat hébreu dans l’élimination physique du principal opposant au roi Hassan II, le 29 octobre 1965 à Paris.

L’écrivain affirme que l’opération de tuer le leader de la gauche marocaine était en contrepartie des services rendus par le Maroc au Mossad, lors du sommet de la Ligue arabe, tenu à Casablanca du 13 au 18 septembre 1965.

Le témoignage du chef du Mossad corrobore cette version

En mars 2015, le quotidien Yediot Ahronot a annoncé que la hiérarchie militaire israélienne avait autorisé la diffusion d’informations, notamment le témoignage de Meit Amir, chef du Mossad de l’époque, sur une opération menée par le contre-espionnage israélien au Maroc durant les années soixante. Celle-ci a consisté à mettre sur écoute une session de la Ligue arabe au royaume.

En échange de ce cadeau de la part de Hassan II, Rabat a exigé de Tel-Aviv de repérer Mehdi Ben Barka, de l’amener à Paris et de l’assassiner. La requête était officiellement présentée aux Israéliens par le colonel Ahmed Dlimi. «Mehdi Ben Barka, condamné à mort par nous, doit être exécuté. Nous n’arrivons pas à le coincer. Trouvez-le et tuez-le. Rendez-nous ce service…», rapporte Jeune Afrique.

En Israël, les assassinats politiques des opposants obéissent à un cadre particulier. Elles nécessitent la signature du chef du gouvernement. Une fois l’aval du Premier ministre Levi Eschkol donné, le Mossad a commencé alors la phase de l’exécution.

La suite est connue. Depuis le 29 octobre 1965, Ben Barka n’a plus donné signe de vie. L’auteur de «Rise and Kill First» affirme que les agents marocains ont mis la main sur l’opposant, grâce à la complicité d’un policier français. Il l’ont emmené dans «une maison fournie par les services israéliens, l’ont humilié et torturé, plongeant sa tête longuement et à plusieurs reprises dans de l’eau très sale jusqu’à sa mort par asphyxie ou strangulation», écrit Jeune Afrique.

Ce sont également les Israéliens qui se sont chargés de faire disparaître le corps. Ainsi, ils ont porté «la dépouille jusqu’à la forêt de Saint-Germain. Il l’ont jetée dans un trou profond qu’ils ont recouvert de terre et d’un produit chimique destiné, dès la première pluie, à la dissoudre».

La dissolution aurait pris quatre semaines. Le 25 novembre de la même année, le chef du Mossad a annoncé à son Premier ministre : «C’est fini, tout s’est bien passé.»

Trois ans après l’assassinat de Mehdi Ben Barka, les Français ont construit une route dans le même lieu, a raconté en mars 2015 le journal israélien Yediot Ahronot, sur la base du témoignage de Meir Amit, le chef du Mossad.

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