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Mauritanie : Après le départ de Bouamatou du Maroc, le président a dans le viseur Ould Chafi

Après avoir arraché le départ du Maroc de Mohamed Ould Bouamatou, le président mauritanien a désormais dans le viseur Moustapha Ould Chafi, également exilé au royaume. Le chef d’Etat l’accuse de collusion avec des groupes terroristes opérant au Sahel.

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Mohamed Ould Bouamatou, homme d’affaire mauritanien / Ph. DR.
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Le président mauritanien a accordé une interview à l’hebdomadaire francophone Jeune Afrique. Sur le volet des liens avec le Maroc, il continue de souffler le chaud et le froid.

Si Mohamed Ould Abdelaziz a reconnu que les relations entre les deux pays se sont «améliorées» récemment, il n’a pas hésité à accuser Moustapha Chafi Ould Lmam, un autre opposant à son régime exilé au royaume, de collusion présumée avec des groupuscules terroristes très actifs au Sahel.

Des Etats, a-t-il déploré, font appel à ses services dans le dessein de libérer leurs otages enlevés dans la région, en échange du versement de sommes conséquentes d’argent. Une manne qui sert ensuite à financer le terrorisme et à la poursuite des opérations d’enlèvements de civils.

Ould Abdelaziz plutôt satisfait du départ de Bouamatou du Maroc

Le chef de l’Etat a rappelé que la justice de son pays «avait lancé en 2011 un mandat d’arrêt international» contre l’ancien conseiller spécial de l’ex-président burkinabais Blaise Campaoré. Le président a fermé toute porte de compromis avec Chafi, affirmant qu’il ne «traite pas avec les terroristes».

Les relations entre les deux hommes sont tendues. En mars 2017 l’opposant avait ouvertement accusé le président, dans une interview parue dans des médias locaux, de «diviser» les Mauritaniens, de «fragiliser la cohésion nationale» et «prendre en otage la Mauritanie».

Insister sur le cas Moustpha Chafi n’est pas anodin. Serait-ce un message indirect de la part du chef de l’Etat aux autorités marocaines, afin qu’elles lui livrent son adversaire ou du moins l’expulsent du royaume?

Quant au cas de l’homme d’affaire Mohamed Ould Bouamatou, le président s’est montré plutôt satisfait que son éternel opposant ait quitté le Maroc.

Sur la question du Sahara occidental, le chef de l’Etat a reconnu que le différend territorial bloquait l’intégration maghrébine. Et d’appeler le royaume et le Polisario à faire de «sacrifices» en vue d’un règlement du conflit.

Dans l’interview accordée à Jeune Afrique, Ould Abdelaziz a annoncé qu’il ne se présentera pas aux élections présidentielles de 2019.

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