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Sport   Publié

Diaspo #29 : Samir Azzimani, le rêve d’un skieur

Pour ce Franco-marocain originaire de Levallois-Perret, le ski était avant tout un rêve de gosse. A 40 ans, il se dit fier du chemin parcouru.

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Le skieur franco-marocain a terminé, vendredi 16 février, 111e sur 119e lors de l’épreuve masculine de 15 kilomètres de ski de fond des Jeux olympiques d’hiver de 2018, à Pyeongchang, en Corée du Sud. DR

Slalomer sur les pistes olympiques, Samir Azzimani en rêve depuis qu’à 9 ans, il a assisté à une compétition de ski internationale lors d’une classe de neige. Vingt-cinq ans plus tard, force est de reconnaître que les efforts n’auront pas été vains : le skieur franco-marocain a disputé, vendredi 16 février, l’épreuve masculine de 15 kilomètres de ski de fond des Jeux olympiques d’hiver de 2018, à Pyeongchang, en Corée du Sud, terminant 111e sur 119e.

«On a travaillé dur dur dur et on est vraiment très contents car on a rempli notre objectif, qui était d’être entre 12 et 15 minutes du champion olympique», nous avait confié l’athlète au lendemain de la course.

Petit, celui qui est originaire de Levallois-Perret, en région parisienne, ne s’imaginait pas devenir un jour skieur olympique. Aujourd’hui âgé de 40 ans, il raconte à Yabiladi :

«J’ai commencé le ski à l’âge de 6 ans en colonie de vacances, par hasard, alors que j’étais placé dans un foyer pour enfants défavorisés. Comme je ne pouvais pas rentrer chez mes parents pendant les vacances scolaires, on m’envoyait en classe de neige. C’est là que j’ai appris à skier.»

JO d’Albertville, naissance d’un rêve

En 1992, Albertville (Savoie) accueille les Jeux olympiques d’hiver. Le jeune garçon, 9 ans à l’époque, y assiste. Tout fier, il voit défiler la délégation marocaine lors de la cérémonie d’ouverture. A l’époque, Samir Azzimani n’est pas encore Français ; «je suis né Marocain en France. J’ai obtenu la nationalité à l’âge de 13 ans», précise-t-il. Faute de moyens, il restera toutefois dix ans sans arpenter les pistes.

Une fois ses premiers sous gagnés, il se lance dans des projets personnels et débute une formation pour devenir animateur. Grâce à des petits boulots, il parvient à se payer des séjours du ski organisés par le club de l’université de Nanterre puis, à travers les cours qu’il dispense, renoue avec sa passion pour cette discipline.

Le sportif prend contact par la suite avec la Fédération royale marocaine de ski, désireux de rejoindre l’équipe nationale. Sa licence internationale en poche et avec quelques entraînements avec la section ski du Racing Club de France, il participe à sa première compétition dans la station des Orres, «l’une des pistes les plus difficiles du circuit non professionnel».

En 2006, à quelques semaines des Jeux olympiques de Turin, une blessure l’empêche de réaliser son rêve olympique. Qu’importe ; deux ans plus tard, en 2008, il reprend «difficilement» le chemin des compétitions, à un an et demi des Jeux olympiques de Vancouver. Il obtient sa qualification en géant et en slalom et, cerise sur le gâteau, se fait le porte-drapeau du Maroc.

Troquer la neige contre les routes du Maroc

Quelques années plus tard, une autre vocation se fait jour : «Je ne voulais pas pratiquer le ski de fond. Pour moi, ce sport n’avait aucun intérêt et je n’avais aucun plaisir à en faire. Je l’ai toutefois utilisé comme un outil de préparation et, contre toute attente, ça m’a plu. Je me suis rendu compte que ce que je faisais pour le ski de fond m’avait aidé pour le ski alpin. Quelque temps plus tard, je me suis fait opérer d’une hernie et j’ai été obligé d’arrêter le ski alpin. J’ai repris le ski de fond sans vraiment y réfléchir.»

Pour s’entraîner, Samir Azzimani troque la neige contre les routes du Maroc avec des skis à roulettes. Entre octobre et novembre 2013, il traverse «tout le pays» : 1 700 kilomètres de Oujda à Laâyoune. Les souvenirs lui reviennent :

«Enfant, je retournais très souvent au Maroc, au moins deux ou trois mois par an, dans la région de Berkane. On était dans un petit village avec un entourage qui ne parlait pas un mot de français. Bref, c’était la vie à la marocaine.»

A son retour en France après son périple à roulettes, l’athlète juge qu’il n’a pas le niveau suffisant pour se qualifier au Jeux olympiques de Sotchi, en 2014. «J’ai raccroché les skis et je me suis consacré à ma formation de moniteur de ski et de management du sport.»

Le destin lui réserve toutefois une belle surprise : en 2018, à l’occasion des Jeux olympiques de Pyeongchang, il est devenu le premier skieur alpin olympique à se qualifier en ski de fond. Une fierté pour celui pour qui le ski était avant tout un rêve de gosse.

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