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Société Publié

Enseignement : La CDT dresse un premier bilan de sa grève

La Confédération démocratique du travail (CDT) a observé ce mercredi une grève nationale dans l’enseignement public. Depuis un mois, le syndicat alerte sur la situation alarmante de enseignants et du service public de l’éducation au Maroc.

Temps de lecture: 2'
Ph. DR.

Le 5 janvier dernier se réunissait le bureau national du syndicat de l’enseignement (CDT) en appelant à une grève nationale le 14 février. Ce mercredi, les enseignants ont répondu à l’appel et les établissements publics ont plus ou moins été inoccupés.

Si des enseignants, selon les villes et les établissements, ont suivi le rythme normal des cours, d’autres ont effectivement observé cette grève qui se prépare depuis plus d’un mois, dans une démarche où la CDT saisit les pouvoirs publics quant à leur volonté de réformer le secteur.

Allal Belarbi, secrétaire général du syndicat national de l’enseignement et membre du bureau exécutif de la CDT, nous affirme que jusqu’à cette fin de journée, les branches des représentations syndicales en provinces et en régions ont fait part de chiffres satisfaisants. Il en découle que «le taux global de mobilisation au niveau national a dépassé les 75%», selon le syndicat.

Le militant nous explique que «la grève a été observée aujourd’hui pour contester l’absence du dialogue social entre les acteurs politiques et le corps enseignant, l’attitude irresponsable du gouvernement envers les revendications sociales du syndicat, ainsi que l’urgence de mener une réforme du secteur, dans une volonté politique de le restructurer».

En effet, la CDT a incessamment alerté sur le fait que «la loi 51.17 relative au système de l’éducation, de l’enseignement et de la recherche scientifique, implique une forme de privatisation qui ne dit pas son nom». Dans un entretien avec Yabiladi, Allal Belarbi explique que ce texte constitue «les prémices de l’annulation de la gratuité de l’enseignement».

Une volonté politique absente

Cette grève est observée également pour fustiger la situation des enseignants contractuels qui, rappelle Belarbi, «vivent à la merci des académies régionales avec une formation très défaillante». Ces jeunes recrus font partie des professeurs concernés par deux circulaires émises par le ministère de l’Education nationale et fortement contestées par les syndicats depuis au moins deux ans. Par ailleurs, des rassemblements se sont tenus devant les délégations ministérielles dans des provinces du pays.

La mobilisation se tient aussi au lendemain d’une déclaration du ministre de l’Economie et des finances, Mohamed Boussaïd, concernant les fonds alloués à l’éducation nationale. Intervenant au Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, Boussaïd a affirmé que 6,5% du PIB marocain était destiné à ce secteur. Un chiffre supérieur à celui de la France (5,5%) et même à la moyenne mondiale, qui se situe autour de 4,8%. Pour Allal Belarbi, cette affirmation n’est pas fortuite dans le contexte actuel :

«Si ces chiffres sont véridiques, ils posent une grande question de gouvernance et de gestion des fonds destinés à une réforme efficace de l’enseignement, mais également une question de gestion administrative. L’exécutif n’a aucune volonté politique de restructurer l’enseignement public qu’il est même en train de fragmenter. Donc, lorsque ces chiffres sont annoncés ainsi, ce n’est pas essentiellement pour se féliciter, beaucoup plus qu’il s’agit d’un message adressé au Fond monétaire international (FMI), pour lui signifier que le Maroc est prêt à mettre en application ses recommandations.»

Concernant cette grève, il ne s’agit pas de la première démarche contestataire menée en moins d’un an par la CDT et les syndicats des enseignants. «Nous prévoyons d’autres formes de contestation dans les prochaines semaines», promet en tout cas Allal Belarbi. Le 20 février, un sit-in des responsables syndicaux se tiendra devant le Parlement, parallèlement à une grève prévue le même jour dans l’enseignement supérieur.

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