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Les autorités de Nador interdisent le sit-in de solidarité avec les détenus catalans

Il n’y aura pas de sit-in de solidarité avec la Catalogne à Nador. L’initiative de membres du comité du Hirak dans la ville s’est heurtée au rejet des autorités locales et à l’opposition à des demandeurs d’asile politique rifains au centre de rétention de Melilla.

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Sans surprise, les autorités de Nador ont refusé d’autoriser un sit-in de solidarité avec les détenus catalans, prévu le 19 février devant le consulat d’Espagne.

«Cet après-midi, ils nous ont informé de la décision sans pour autant justifier l’interdiction. Nous avons beau demandé à savoir les raisons sans réel succès», nous confie Mme Fadwa El Amrani.

«Notre initiative est pacifique. Nous avons programmé le sit-in uniquement en guise de reconnaissance de l’appui sans conditions des Catalans au Hirak du Rif. Ils nous ont soutenu et continuent sur la même voie alors le minimum serait de les remercier en exprimant  notre entière solidarité avec les Catalans emprisonnés», ajoute-elle.

La semaine dernière, le député Joan Tarda d’ERC (Gauche républicaine catalane) a justement interpellé le ministre des Affaires étrangères, Alfonso Dastis, sur les détenus rifains du Hirak.

Vers un recours devant le tribunal administratif d’Oujda

Mme El Amrani ne pense pas baisser les bras. Elle prévoit de porter l’interdiction des autorités de Nador devant le tribunal administratif d’Oujda «afin que la cour nous explique clairement les véritables causes de l’interdiction de notre sit-in».

Bizarrement, il n’y a pas que les autorités de la ville qui se sont prononcées pour le refus. «Des réfugiés rifains actuellement au Centre de rétention des migrants à Melilla, qui prétendent être des militants du Hirak, se sont ouvertement opposés à notre initiative», indique dans des déclarations à Yabiladi Ayoub Ouass, un membre du comité du Hirak à Nador.

Ils craignaient en effet les conséquences d’un sit-in en faveur des détenus catalans sur l’issue de l’examen de leurs demandes d’asile politique en Espagne, affirme-t-il. «Les projets de réfugiés de la région du Rif en direction de l’Espagne ont également manifesté la même opposition», regrette notre interlocuteur.

Pour mémoire, le Maroc a rejeté «le processus unilatéral d’indépendance de la Catalogne, et exprimé son attachement à la souveraineté, à l’unité nationale et à l’intégrité territoriale du Royaume d’Espagne», indiquait en octobre dernier le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

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