Politique Publié

Armes chimiques au Rif : Madrid promet de répondre à une ONG amazighe

L’Assemblée mondiale amazighe (AMA) vient d’enregistrer en Espagne une victoire symbolique sur le dossier de l’utilisation d’armes chimiques pendant la guerre du Rif par l'Espagne. Explications.

Temps de lecture: 2'
Un soldat espagnol inspectant des cadavres de rifains gazés. /Ph: Flickr

L’Assemblée mondiale amazighe affirme que le gouvernement Rajoy est disposé à donner suite à une demande de l’ONG concernant l’utilisation d’armes chimiques par les troupes du roi Alphonse XIII pendant la guerre du Rif.

L’AMA souligne, dans un communiqué parvenu à notre rédaction, que l’annonce a été faite par le ministre des Affaires étrangères, Alfonso Dastis, en réponse à une question posée par un député d’ERC (la Gauche républicaine catalane).

Bien entendu, l’Assemblée jubile. Et pour cause, sa direction avait adressé, le 12 février 2015, une lettre portant sur le même sujet à Felipe VI.  Dans laquelle, l’ONG sollicite du monarque «réparation pour préjudice passé ou présent causés par la guerre chimique» menée par l'Espagne au Rif entre 1921 et 1927.

Juin 2015, le roi soulignait dans une réponse écrite desrinée à l'AMA qu’il a soumis la lettre au ministère des Affaires étrangères, habilité selon lui à traiter ce genre de questions, indique le texte de l'ONG amazighe.

En Espagne, une chape de plomb pèse sur les crimes du passé

Cette affaire est de nouveau relancée grâce une fois de plus à l’appui de la formation catalane. En 2007, ERC avait déposée une proposition de loi invitant l'Etat espagnol à reconnaître le recours systématique aux armes chimiques après sa défaite à la Bataille d’Anoual. Une initiative rejetée, pour mémoire, par 33 voix du PSOE et du PP.

L’annonce faite par Alfonso Dastis aura-t-elle une suite ? En Espagne, l’Etat n’a même pas reconnu les victimes des années de Franco. Une loi dite d' «amnistie» votée en 1977, présentée à l’époque comme un instrument de «réconciliation nationale», interdit l’ouverture de toute instruction sur ce sombre passé. Le célèbre juge Baltazar Garzon est d'ailleurs empêché par la justice de son pays d’exercer son métier en Espagne. Son "crime" : vouloir enquêter sur les crimes commis durant la dictature.   

Néanmoins pour l’Assemblée mondiale amazighe, les déclarations de Dastis sont une victoire symbolique dans sa course au leadership avec d’autres enseignes amazighes au Maroc, au Maghreb et en Europe.

En 2015, l’AMA avait reçu une réponse de la part de l’ancien président français François Hollande à sa lettre pourtant sur le même dossier. La France est également impliquée dans les armes chimiques au Rif. Après la défaite du maréchal Lyautey dans la bataille de Ourgha en juillet 1925 face aux combattants d’El Khattabi, Paris s’était engagé pleinement dans les opérations de gazage dans le Rif.

Emission spécial MRE
2m Radio + Yabiladi.com