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Après la colère du RNI et de l’USFP, Benkirane sera-t-il de nouveau réduit au silence ?

La langue de Benkirane ne fourche pas. L’homme calcule ses sorties médiatiques. A l’opposition, chef du gouvernement et désormais membre du conseil national du PJD, l’homme collectionne les dérapages verbaux. Ce qui lui vaut des périodes de silence, avant d’en remettre une couche.

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Abdelilah Benkirane / Ph. DR.

Après son échec à former un nouveau gouvernement et sa mise à l’écart du secrétariat général du PJD, Benkirane sera-t-il privé de prendre la parole à l’occasion de réunions publiques de son parti ?

Saâdeddine El Otmani serait contraint de mettre en mode silencieux son prédécesseur, afin de sauver sa fragile majorité. C’est la solution idoine à même d’apaiser la colère du RNI et de l’USFP contre la dernière sortie médiatique de Benkirane, lors du 6e congrès de la jeunesse islamiste.

Si l’ancien secrétaire général du PJD est empêché de prendre la parole, la mesure ne serait pas un précédent. Durant les dernières années, il avait été réduit au silence par ses «frères» et par d’autres forces influentes. En voici quelques exemples.

Le «compte» Gaza en 2009

Nous sommes en janvier 2009. L’armée israélienne vient de finir une autre opération militaire à Gaza. Mohammed VI lance alors un compte bancaire de solidarité avec les Palestiniens de la Bande.

Commentant la nouvelle, Benkirane a déclaré, lors d’une réunion de son parti à Casablanca, que le roi n’avait fait qu’appliquer une recommandation du PJD. En l’absence d’une réaction du cabinet royal, comme cela est en vogue actuellement, le Premier ministre a été choisi pour recadrer le numéro 1 des islamistes.

Tirant la leçon de la colère en hauts lieux, le secrétariat général a pris la décision d’interdire à Benkirane de prendre la parole. Pire pendant des mois, les communiqués de la formation portaient la signature de Mustapha Ramid, alors président du groupe des députés du PJD.

L’opposition remet un mémorandum au Palais contre les déclarations de Benkirane

Priver Benkirane de la parole est tout sauf une sinécure. Il réussit à rebondir, aidé en cela par son charisme et par quelques circonstances. Les sorties hasardeuses de certains responsables du PAM ont apporté davantage d’eau aux moulins de Benkirane et lui ont permis de revenir plus fort que lors de l’épisode du «compte de Gaza». A cela s’ajoute le contexte du «Printemps arabe», le projet de réforme constitutionnelle et les élections anticipées du 25 novembre 2011.

Le secrétaire général conduit alors la campagne électorale et accède à la Primature. Seulement, le changement vestimentaire de Benkirane n’a pas touché son langage. Il a multiplié les dérapages verbaux au Parlement et dans des meetings.

Mi-2015 et à quatre mois des élections communales et régionales, les partis d’opposition (PAM, Istiqlal, UC et USFP) montent au créneau. Ils présentent un mémorandum au Palais, résumant les griefs des quatre formations portées essentiellement contre la conduite du chef de l’exécutif et sa communication électorale.

Colère au RNI et à l’USFP

Après une médiation de deux conseillers du roi, Benkirane a opté pour le silence pendant des mois, avant de revenir à ses habitudes au lendemain de l’annonce des résultats du scrutin du 4 septembre 2015.

Son échec à former un nouveau gouvernement a réduit, pendant des semaines, ses apparitions publiques. En témoigne l’annulation de son meeting prévu à Tétouan en septembre 2017, pour «soutenir» le candidat du PJD à une élection partielle.

Ce n’est qu’une absence passagère, il saisit la tenue du 6e congrès de la jeunesse de son parti pour marquer son retour et susciter l’ire du RNI et de l’USFP.

3 commentaires
motao-1
Date : le 11 février 2018 à 07h05
Bennkirane vient de frapper fort, il a déstabilisé tous ceux qui lui ont fait du mal. C'est un fin politicien, il a les mains propres et sa popularité est toujours intacte. Aux prochaines élections il frappera encore plus fort et emergera de nouveau.
imtiyaz
Date : le 10 février 2018 à 15h56
. Les jours de ce monsieur sont comptés. Bientôt le ciel lui tombera sur la tête Normalement un politicien doit être armé de prudence et de discrétion. .
HomLibre33
Date : le 10 février 2018 à 15h48
Le RNI soutenu par le palais prend une place trop importante tout comme son leader Akhenouch. Benkirane ne fait que dire tout haut ce que les marocains pensent tout bas
Dernière modification le 11/02/2018 07:05
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