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Economie Publié

Au Maroc, l’éolien et le PV, moins chers que les énergies fossiles

Au Maroc, les énergies éolienne et photovoltaïque sont d'ores et déjà moins chères que le charbon et le fuel. Le pays est ainsi parvenu à négocier pour chacun de ses récents projets en énergies renouvelables un prix du kWh inferieur à la moyenne mondiale.

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«Toutes les technologies renouvelables seront compétitives par rapport aux énergies fossiles en 2020», estime l'Agence internationale des énergies renouvelables (Irena) dans une étude sur les coûts des énergies vertes publiée en janvier. C’est déjà le cas pour l’énergie éolienne et solaire photovoltaïques et le Maroc ne fait pas exception.

Au Maroc, les centrales thermiques au fuel vendaient le kWh 1,80dh, selon Badr Ikken, directeur général de l’Institut de Recherche en Energies Solaires et Energies Nouvelles (IRESEN), en 2013 tandis que le centrale thermique à charbon de Jorf Lasfar offre un kWh deux fois moins cher, selon Omar Alaoui M’Hamdi de Jorf Lasfar dans une déclaration accordée à l’Economiste en 2014.

Côte renouvelable, le Maroc a signé avec Narvea un contrat d’achat de l’électricité à 30$/MWh (0,275 DH/kWh) dans le cadre du projet éolien d’une capacité installée totale de 850MW. Un prix 6 fois inférieur à celui du fuel et trois fois inférieur à celui du charbon. A l’époque, en janvier 2016, le Maroc se vantait d’avoir décroché le prix du KWh solaire le plus bas au monde. Vérification faite grâce à l’étude de l’Irena, le Maroc est bien dans le peloton de tête mondial. «L’éolien terrestre est l’une des sources de nouvelles capacités de production d’énergie. Les récents appels d’offre au Brésil, au Canada, en Allemagne, en Inde, au Mexique et au Maroc ont donné un LCOE* pour l’éolien terrestre inferieur ou égal à 0,03 $/kWh (0,275 DH/KWh) », précise-t-elle. Les autres installations éoliennes terrestres dans le monde vendent aujourd’hui en moyenne leur kWh à 0,05$.

En parallèle, le Maroc a lancé la construction de la première centrale photovoltaïque du pays. L’adjudicataire de l’appel d’offre, le Saoudien Acwa Power, s’apprête à vendre le KWh produit par Noor IV pour 0,44 dirhams (0,048$). Un prix inférieur à la moyenne mondiale qui s’établit à 0,1$ le kWh (0,921DH) photovoltaïque, et même inférieur au niveau qu’elle devrait atteindre - 0,06 $/KWh (0,553 DH) - d’ici deux ans grâce à la baisse des prix liés à cette technologique, selon l’Irena.

Chère CSP

Aussi bon marché soit-elle, Noor IV n’est cependant que la petite dernière - seulement 70MW de puissance installée - d’une série de centrales solaires qui ont toutes été développés en thermodynamique (CSP), l’une des technologies les plus chères du marché du renouvelable. Le kWh solaire en CSP se vend ainsi 0,22 $ (2,027 DH) en moyenne dans le monde. Elle coûte ainsi, en moyenne, deux fois plus cher que le photovoltaïque.

Masen a cependant obtenu du Saoudien Acwa Power qu’il offre un prix plus intéressant que la moyenne mondiale. Le kWh solaire de Noor I est ainsi vendu à 1,62 dirham (0,176 $). Le prix a été négocié à la baisse par la suite pour Noor II avec 1,36 dirham/kWh (0,148 $). Il est toutefois un peu plus élevé, pour Noor III avec 1,42 dirham/kWh (0,154 $) car cette troisième centrale Masen a opté pour une variante encore plus rare du solaire thermique avec une tour centrale.

* LCOE : Levelized Cost of Energy, signifiant «coût actualisé de l'énergie». Il correspond au prix complet d'une énergie (l'électricité dans la plupart des cas) sur la durée de vie de l'équipement qui la produit

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