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Les Yakines à l’assaut du plus long voyage en train du monde

Les Yakines fourmillent d’idées pour aller au-delà de leurs limites. Cette fois-ci, ils veulent partir en vadrouille à bord de la plus longue voie ferrée au monde.

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Les Yakines lors de leur voyage en Tuk Tuk. / Ph. Facebook

Les Yakines, le couple de voyageurs marocains à plus de 230 000 fans sur Facebook se sont lancés un nouveau défi. Anass et Amal Yakine vont entreprendre en avril le plus long voyage en train au monde. En six mois, ils veulent relier le Portugal au Vietnam, soit plus de 17 000 km de voies ferrées, deux continents, douze pays et 40 escales/gares. 300 heures à bord pour le plus grand plaisir des amoureux d’escapades.

En quoi consiste votre projet du plus long trajet de train au monde ?

Anass Yakine: L’idée est venue il y a quatre à cinq mois, nous sommes tombés sur un article qui en parlait. A ce moment-là on préparait notre voyage à travers l’Afrique. On s’est dit on va commencer avec le voyage en train puisque la durée est courte. Après on pourra faire le projet du tour d’Afrique.

Amal Yakine: On s’est dit allons-y on fonce.

Anass : On a commencé les préparations, on se renseignait sur internet pour voir les personnes qui ont déjà fait le trajet. On n’a pas trouvé beaucoup d’information. On a décidé de préparer notre trajet à nous. Il y a 40 escales, donc nous avons préféré prolonger la durée à six mois, avec une moyenne de trois à quatre jours par escale. La plus longue voie ferrée au monde commence à Lagos au sud du Portugal et va jusqu’à Hô-Chi-Minh-Ville au Vietnam.

Pourquoi voulez-vous vous lancer dans cette aventure ? Un défi ou uniquement l’amour du voyage ?

Anass : C’est vraiment par amour pour le voyage. Les gens nous connaissent avec la marche (le voyage à pied d’Anass, où il a rencontré pour la première fois Amal, pour se marier quelques mois plus tard, ndlr), nous voulions sortir de ce cadre-là. Nous sommes plus des voyageurs que des marcheurs. La première expérience c’était la marche à travers le Maroc, puis après on avait fait un voyage en Tuk Tuk. On veut diversifier puisque même pour nous c’est bénéfique. En plus, une voie ferrée qui traverse plusieurs pays et deux continents, c’est une expérience unique, que tu ne peux vivre qu’une seule fois dans ta vie.

Amal : C’est vraiment le passage graduel de l’Europe vers l’Asie qui nous attire. On va passer de l’Europe occidental, vers l’Europe de l’est, puis vers la Russie, petit à petit jusqu’à atteindre notre destination finale. C’est un changement de culture qu’on va vivre à chaque fois de manière progressive. Le train nous permettra de prendre le temps de savourer chaque culture, pour apprendre. On a juste imaginé le nombre de langues qu’on va entendre.

Anass : Et qu’on va essayer de parler (rires).

Amal : Lors de ce périple on va voir de tout, donc c’est ce qui nous a principalement attirés.

Les Yakines. / Ph. FacebookLes Yakines. / Ph. Facebook

Lors de votre voyage, vous allez passer par la Russie, en juin, lorsqu’aura lieu le Mondial 2018… C’est un rêve qui se réalise, vu que le Maroc ne s’est pas qualifié depuis 20 ans ?

Anass : Bien-sûr. Le Maroc ne se qualifie pas à chaque édition.

Amal : C’est une belle coïncidence, on hésitait par rapport à la date où on allait entamer le voyage. Au final, nous nous sommes qualifiés. Du coup on a vraiment défini la date du départ en fonction des matchs, comme ça vers mi-juin on sera en Russie.

Anass : Concernant le concept train, depuis toujours Amal et moi nous aimons ça. Le train est à l’image de la vie. On monte dedans un jour, et on croise beaucoup de personnes, parmi eux ceux qui descendent ou ceux qui restent, ceux qui passe beaucoup ou peu de temps avec toi. Les sujets qu’on va traiter sur les réseaux sociaux ou dans la web-série, on touchera à ce côté philosophique du train.

En parallèle avec votre voyage, comment allez-vous interagir avec votre communauté de fans assez conséquente sur les réseaux sociaux ?

Amal : On va produire une websérie hebdomadaire intitulée «Altrainative». Elle contiendra le résumé de la semaine, ce qu’on a fait, où nous sommes allés, mais aussi nos rencontres avec des projets originaux, qui cherchent des alternatives de vie, qui s’intéressent à l’écologie ou des systèmes éducatifs alternatifs.

Anass : Mais aussi des solutions qui sont proposés par des gens, des projets, des sortes d’utopies concrètes, qui ont un impact sur leur région et pour nous ça va être une découverte des modes de vie. En même temps l’intérêt de la web-série c’est de partager ces idées. Je pense que lors de notre retour au Maroc après ce long voyage, nous feront aussi un épisode sur les projets de ce type qui existent au Maroc. On ne veut pas tomber dans le piège d’idéaliser l’étranger, on sait très bien qu’il y a des projets ici qui s’inscrivent dans ce même sens. 

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