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Sciences Publié

La success-story d’une entreprise de biotech bâtie sur du sang de chameau marocain

La société belge Ablynx a notamment mis au point des mini-anticorps grâce à une recherche scientifique menée sur du sang de chameau marocain.

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Photo d'illustration. DR

En voilà une découverte qui, si elle semble volontiers repoussante au premier abord, s’est pourtant révélée essentielle dans le domaine de la biotechnologie. Dans les années 1980, un groupe d’étudiants de l’Université libre de Bruxelles est déterminé à mener à bien un projet scientifique grâce à des échantillons de sang de chameau congelé. Ces jeunes chercheurs sont en effet en passe de découvrir que les anticorps des chameaux et des lamas sont beaucoup plus petits que leurs équivalents humains, d’après Reuters.

En 2001, ils fondent la biotech belge Ablynx, qui a notamment développé des nanobodies, des mini-anticorps pour soigner des maladies rares. L’un d’eux, le caplacicizumab, permet entre autres de soigner la purpura thrombotique thrombocytopénique acquis (PTT acquis), une maladie qui fait apparaître des caillots sanguins dans de petits vaisseaux, bloquant l’irrigation du cerveau et du cœur.

Serge Muyldermans, l’un des chercheurs qui a participé à la création de la société, raconte que les étudiants avaient dû s’approvisionner en sang de chameau du Maroc, après que celui sur lequel ils s’appuyaient pour mener leurs recherches eut soudainement disparu.

«Quand l’animal a disparu de façon totalement inexpliquée, l’un des scientifiques du laboratoire belge, qui avait des liens avec le Maroc, a commencé à faire des aller-retour entre les deux pays avec des échantillons de chameaux appartenant à l’un de ses oncles», détaille Serge Muyldermans au média américain Bloomberg. Les nanobodies que le groupe de scientifiques est parvenu à mettre au point ont d’ailleurs été obtenus grâce à un processus d’immunisation de chameaux marocains.

Rachat par Sanofi

Basée à Gand, au nord-ouest de la Belgique, Ablynx a accepté un appel d’offres de 3,9 milliards d’euros présenté par le fabricant de médicaments français Sanofi. Ce dernier a réussi à renverser Novo, une société pharmaceutique multinationale dont le siège social se trouve à Bagsværd, au Danemark, qui possède des unités de production dans huit pays. Elle avait également fait une offre pour acquérir la société belge.

Ablynx a ainsi rejeté son offre de 2,6 milliards d’euros, estimant qu’elle n’était pas aussi prometteuse que Sanofi – l’un des principaux partenaires pharmaceutiques de la société depuis juillet 2017. «Cette plateforme de développement des nanobodies est entre de très bonnes mains avec un groupe qui reconnaît la large applicabilité de cette technologie», a déclaré Edwin Moses, le PDG d’Ablynx, commentant l’offre de Sanofi.

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