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L’aquaculture, secteur d’avenir au Maroc ?

L’Agence nationale pour le développement de l’aquaculture, en partenariat avec le ministère de l’Economie et des finances, vient de publier un rapport sur les perspectives de développement de l’aquaculture au Maroc et les obstacles auxquels cette filière se heurte.

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D’après la FAO, plus de la moitié des poissons commercialisés dans le monde proviennent de l’aquaculture. DR

«Les pays en développement disposés à investir dans une gestion optimale des pêches et une aquaculture plus durable s’ouvriront des perspectives intéressantes.» Cette prévision formulée par Juergen Voegele, directeur de l’agriculture et des services environnementaux à la Banque mondiale, le Maroc compte bien la mettre en pratique.

Dans un rapport de 51 pages publié ce mois-ci, l’Agence nationale pour le développement de l’aquaculture (ANDA) jette les bases d’une filière qui, «dans un contexte d’amenuisement des ressources halieutiques marines», représente pour le Maroc un moteur principal pour créer des emplois et dynamiser les échanges internationaux.

D’après l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), plus de la moitié des poissons commercialisés dans le monde proviennent de l’aquaculture et cette part devrait atteindre 75% à l’horizon 2030.

De nouveaux marchés potentiels pour le Maroc…

A l’échelle mondiale, la production aquacole s’est maintenue à 6% par an au cours des 16 dernières années. La Chine est de loin le premier producteur aquacole mondial aussi bien au niveau des eaux douces (62% de la production mondiale) que des eaux marines (54% de la production mondiale), suivie d’autres pays asiatiques comme l’Indonésie, le Vietnam, le Japon ou les Philippines.

Dans le bassin méditerranéen, l’Espagne, la France, l’Italie, la Grèce, la Turquie, l’Egypte et la Tunisie cumulaient en 2015 une production de près de 822 000 tonnes. «Une situation qui contraste avec le potentiel évalué de production du [Maroc] (380 000 tonnes contre une production actuelle d’à peine 510 tonnes)», lit-on dans le rapport.

Au niveau national pourtant, la demande des produits halieutiques affiche une croissance permanente. En cause, la croissance démographique, le changement des habitudes alimentaires, le développement de la restauration et du tourisme, ainsi que le déploiement de la grande distribution sur l’ensemble du territoire.

Parallèlement, le marché mondial de l’aquaculture est un vecteur d’opportunités importantes pour la filière aquacole marocaine. «L’Europe reste le plus important marché demandeur de dorade et de bar, produits piscicoles ciblés par la stratégie aquacole marocaine», notamment au Portugal, en Allemagne et aux Pays-Bas. Une dynamique européenne conjuguée à «l’émergence de nouveaux marchés potentiels affichant une forte dynamique de croissance des importations durant les dernières années, à l’instar des Emirats arabes unis». La Malaisie et la Corée du Sud se distinguent également parmi les marchés prometteurs. Enfin, c’est sans compter «la croissance continue de la demande des huîtres dans le monde entier».

…mais des obstacles à lever

Malgré un marché aquacole mondial plutôt avenant, la production aquacole marine se chiffrait en 2016 à seulement 510 tonnes au Maroc, soit une production en valeur de l’ordre de 21 millions de dirhams. Ce secteur compte actuellement une vingtaine de fermes aquacoles actives et emploie un peu plus de 250 personnes.

Des chiffres encore faibles qui se heurtent à plusieurs obstacles, notamment d’ordre financier et logistique. L’ANDA fait ainsi remarquer que les fermes aquacoles sont exposées aux risques liés aux aléas climatiques. «L’aquaculture nationale nécessite un soutien particulier en terme de couverture contre les risques, sachant que l’assurance au Maroc coûte jusqu’à 30% plus chère qu’à l’étranger. La MAMDA a proposé récemment une offre d’assurance dédiée à l’aquaculture, et qui couvre le cheptel aquacole, à travers un produit exclusif destiné aux éleveurs de poissons dans les bassins d’eau douce et marins ou aux propriétaires de fermes aquacoles. L’assurance multirisque aquaculture vise à couvrir la mortalité du cheptel aquacole suite aux événements pathologiques, météorologies et autres dommages causés aux installations et équipements.»

Sur le front financier, l’aquaculture étant un secteur qui fait appel à des investissements importants aussi bien pour les besoins d’exploitation que pour les structures d’élevage, l’ANDA note la nécessité de mettre en place des mesures incitatives pour encourager l’investissement dans cette filière.

Enfin, «les espèces identifiées pour le secteur aquacole marocain sont produites à des prix très compétitifs sur le marché méditerranéen, ce qui fait que l’importation de ces produits au marché national pourrait fortement concurrencer les produits locaux».

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