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Hydrocarbures marocains 10 ans d’échec [Magazine]

Malgré la signature, chaque année, de plusieurs accords pétroliers de prospection et en dépit d’une fiscalité très attrayante pour les sociétés pétrolières, le Maroc découvre et produit très peu d’hydrocarbures. En 2007, il lui aurait fallu produire 12,84 millions de TEP pour satisfaire sa propre consommation de brut,

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Le 4 mai 2011, un nouvel accord de prospection pétrolière a été signé entre le ministère de l’Energie, la société Kosmos Energy Deepwater Morocco et la société Pathfinder hydrocarbon ventures limited. Fait-il écho à une nouvelle dynamique du secteur des hydrocarbures au Maroc ? Pas vraiment car si, aujourd’hui, une trentaine de sociétés sont partenaires de l’Office National des Hydrocarbures et de Mines (ONHYM) dans le cadre de 133 permis de recherche, le Maroc compte seulement 10 concessions d’exploitation. En 2000, pour son anniversaire, le Roi avait pourtant annoncé de grandes découvertes de pétrole et de gaz dans l’Oriental.

Un nouveau code avait été adopté, qui, en cas de découverte d’un gisement, permet à la société de ne céder à l’Etat que 25% de ses parts, contre 50% auparavant. Pourtant, aujourd’hui, l’ONHYM admet : «le Maroc reste encore sous-exploré».

Une facture de 45 milliards de DH en 2009

Le volume des réserves prouvées de gaz s’élève à 1,3 milliards de m3, cependant, les gisements auxquels accèdent régulièrement l’ONHYM et les sociétés pétrolières comme Circle Oil, sont de taille modeste. La réduction du soutirage de l’OCP-principal consommateur, avec Compagnie marocaines des cartons et papiers, du gaz marocain - a entraîné une baisse de la production a baissé de 18%, en 2008, puis de 50,2%, en 2009, (derniers chiffres connus), pour atteindre 24,68 millions de m3. Les gisements restent cependant rentables car leur exploitation est facile.

La production de condensât, pétrole que l’on trouve sous forme de gaz dans le sol et qui se liquéfie à pression ambiante, a quant à elle; baissé de 19%, en 2008, et de 39,2%, en 2009, avec 5381 tonnes produites. L’impact de ces baisses a été compensé, en partie, par l’augmentation des prix.

Principalement issues des bassins du Gharb et d’Essouira, ces productions sont dérisoires au regard des 15,118 millions de Tonnes Equivalent Pétrole (TEP) d’énergies primaires consommées par le Maroc en 2009. En 2007, le Maroc dépendait des importations pour 96,5% de sa consommation énergétique. Les hydrocarbures étaient responsables, à eux seuls, de 58,4% de cette dépendance. Le Maroc a dépensé en 2009,45,5 milliards de DH dans l’achat d’hydrocarbures dans une facture énergétique globale de 70,6 milliards de DH.

Si l’ONHYM, et la ministre de l’Energie persistent à vouloir croire au potentiel en hydrocarbures du Maroc, les chistes bitumineux pourraient être exploités. L’exploitation des 50 milliards de barils a été évoquée, en 2009, aux assises nationales de l’énergie. La hausse des prix du baril et l’amélioration des techniques d’extraction pourraient la rendre rentable. Cependant, l’extraction de ces matières est extrêmement polluante.

Cet article a été précédemment publié dans Yabiladi Mag n°8

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