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Santé Publié

Sida : Marrakech rejoint les villes signataires de la Déclaration de Paris [Interview]

Marrakech est désormais la deuxième ville marocaine, après Casablanca, à s’engager pour l’éradication du sida d’ici à 2030. A l’issue d’une table-ronde tenue jeudi dans la cité ocre, la mairie a signé la Déclaration de Paris, s’engageant ainsi à lutter contre le VIH aux côtés de 200 villes à travers le monde. Partie prenante de ce projet ambitieux, Alim El Gaddari, directeur des programmes de l’ITPC MENA, explique à Yabiladi ce que va change cette convention dans la stratégie locale de lutte contre le virus. Entretien.

Temps de lecture: 3'
La façade de l'hôtel de ville de Marrakech, illuminée hier par le ruban rouge en hommage aux personnes atteintes du VIH / Ph. ITPC MENA

Au vu de la situation actuelle, pensez-vous que la ville de Marrakech pourra atteindre les objectifs 90-90-90 dans les délais prévus ?

Habituellement, la Charte 90-90-90 pour l’éradication du sida est signée avec des objectifs à atteindre d’ici 2020. Cela paraît un peu ambitieux au regard de nos moyens actuellement. C’est pour cela que avons choisi, dans la Déclaration de Paris, de privilégier les objectifs 95-95-95 d’ici à 2030, afin d’avoir le temps de travailler avec la commune de Marrakech, sa région et son tissu associatif.

Au-delà de la signature de la Déclaration de Paris, nous avons également abordé les moyens nous permettant d’atteindre ces objectifs. L’adjointe au maire de Marrakech a évoqué la possibilité de créer une plate-forme commune à toutes les parties prenantes. Nous avons aussi proposé à la mairie de Marrakech de recruter une personne dédiée à cette mission. Elle se chargera de favoriser les réunions avec les associations et les institutions sanitaires.

La présence des représentations de la mairie de Paris et de Séville, lors de cette rencontre, nous ont permis d’introduire des partenariats à l’échelle internationale, prenant exemple sur Séville qui travaille à la fois avec les associations, les institutions mais aussi l’université, pour faire avancer les recherches scientifiques sur l’éradication du sida. L’idée est de se focaliser sur le contexte local en essayant d’y adapter une telle expérience.

Quels sont les moyens d’actions dont pourra se doter la ville de Marrakech avec la signature de la Déclaration de Paris ?

C’est quelque chose de nouveau : il existe désormais un fond de soutien de sept millions de dirhams pour appuyer les associations qui travaillent sur la lutte contre le sida avec les structures médicales et locales. On a suggéré également au directeur de l’ONUSIDA-Maroc de proposer un consultant à la ville de Marrakech, afin de définir une stratégie sur les moyens d’intervention adéquats au niveau local.

A quel degré la Déclaration de Paris peut aider la Ville de Marrakech à se doter des moyens de prise en charge et de sensibilisation au VIH ?

Lorsqu’on signe une déclaration, c’est pour l’appliquer. Il s’agit véritablement de concrétiser ses termes. Nous avons signé des chartes avec des objectifs précis et la mairie de Paris donne son appui pour un renforcement des structures locales dans ce sens. Le fait que notre association soit basée à Marrakech donne un rayonnement régional pour faire de la cité ocre une ville engagée.

Toutes les villes signataires de la Déclaration de Paris ont des indicateurs précis, afin de mesurer l’applicabilité des termes de la convention et l’efficacité des moyens humains et matériels alloués à cet effet. Jusqu’à dernièrement, on ignorait le nombre de personnes atteintes du VIH dans la région de Marrakech. Aujourd’hui, nous avons des chiffres et des statistiques qui nous permettent d’entreprendre des actions, compte tenu de l’état des lieux dans la ville. Nous avons été acceptés avec Solidarité SIDA pour déposer un projet qui a été approuvé, où il est question de mettre en place des observatoires régionaux et d’avoir des données précises, non seulement sur le nombre d’atteints du VIH et de personnes prises en charge, mais aussi sur les ruptures de stocks des médicaments, sur les soins disponibles ou nécessaires…

Avec quelles conclusions sont sortis les acteurs engagés dans cette démarche, à l’issue de la rencontre d’hier ?

Faire des concertations communes, avoir des programmes communs et se rencontrer régulièrement. L’ONUSIDA propose une stratégie à la ville de Marrakech. Séville et Paris sont prêtes à échanger avec nous sur les bonnes pratiques et les plans d’actions efficients pour éviter de refaire quelques erreurs… Hier, il y a eu une table-ronde pour le débat. Le maire de Marrakech a signé la Déclaration de Paris. L’adjointe à la Santé a donné le coup d’envoi de l’illumination de la façade de l’hôtel de ville avec un ruban rouge pour sceller cet engagement. On est allé sur la place Jamaâ El Fna qui s’est dotée de tables avec des messages de sensibilisation. L’intérêt de la signature de cette déclaration est mis en avant car elle relève de l’actualité, mais nos actions de plaidoyer ne s’arrêtent pas au 14 décembre. Il s’agit d’encourager également le travail fait par les autres associations et les relais sur le terrain, qui organisent des campagnes de dépistage et de sensibilisation sur toute l’année.

La Déclaration de Paris de 2014 comprend des engagements envers les personnes atteintes du VIH à travers les grandes villes et régions du monde. Elle vise à mobiliser des ressources, médicales et matérielles, afin d’établir et d’intensifier les stratégies de lutte contre le sida.

Formée en 2010 comme un projet de l’Association de lutte contre le sida (ALCS), la Coalition internationale pour la préparation au traitement dans la région Afrique du Nord et Moyen Orient (ITPC MENA) a été officiellement enregistrée comme une entité indépendante en 2015.

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