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Politique Publié

Diplomate américain : «Donald Trump s’est engagé à transférer l’ambassade américaine à Jérusalem depuis des années» [Interview]

Directeur du Africa Regional Media Hub*, Brian T. Neubert travaille depuis 18 ans pour la diplomatie américaine. Porte-parole de langue française au Département d’Etat, il est chargé de relayer la politique étrangère des Etats-Unis dans le continent africain. Dans cet entretien avec Yabiladi, il revient sur la surprenante décision de Donald Trump, qui a annoncé hier le transfert de son ambassade en Israël à Jérusalem.

Temps de lecture: 3'
Brian T. Neubert, diplomate américain, directeur du Africa Regional Media Hub

Certains analystes évoquent une stratégie de contre-feux, ayant pour but de détourner l’attention médiatique et de rassembler la classe politique autour de Donald Trump. Est-ce que cette surprenante décision politique est une manière de desserrer l’étau sur le président américain, en rapport avec l’affaire de collusion avec la Russie ?

Il y a deux éléments de cette décision annoncée hier par le président Trump, qu’il faut souligner. Tout d’abord, le Congrès américain avait voté à la majorité bipartite une loi, en 1995, reconnaissant que Jérusalem est la capitale d’Israël et prévoyant d’y transférer l’ambassade des Etats-Unis. Comme le président l’a encore affirmé, c’était son intension depuis très longtemps et il s’est engagé à le faire. Cette annonce n’est donc pas une surprise. Ensuite, nous considérons que Jérusalem est le siège du gouvernement israélien. C’est une réalité. Le président estime que cette ligne de conduite est dans l’intérêt des Etats-Unis d’Amérique, c’est l’essentiel. De plus, cela va dans le sens de la recherche de la paix entre Israël et la Palestine.

Croyez-vous qu’avec cette configuration-là, les Etats-Unis continueront à s’ériger en gardien de la paix internationale ?

Donald Trump a dit que les Etats-Unis restent absolument disponibles pour faciliter les négociations entre les deux partis. C’est une priorité pour lui depuis des années et cela reste très important pour l’administration actuelle.

Cette décision a-t-elle été permise ou accélérée par la prise en main du pouvoir par Mohammed Bin Salmane à Ryad ?

Cette décision s’est basée tout d’abord sur une loi qui date de plus de vingt ans. Selon les estimations du président et dans ses convictions, c’est dans l’intérêt des Etats-Unis. Il n’y a pas eu d’autres influences de contexte ou de raisons derrière cette prise de décision officielle.

Peu après cette annonce, l’ambassade des Etats-Unis au Maroc a émis un message de vigilance à l’attention de ses ressortissants. Craignez-vous des violences ciblées dans les pays arabo-musulmans ?

Ce que nous savons, c’est qu’il y aura certaines personnes qui ne seront pas d’accord avec la mesure de transfert de l’ambassade à Jérusalem, prise par Donald Trump. C’est juste une mesure de prudence dans le cadre du maintien de sécurité, pour nos ambassades et nos ressortissants, afin de faire attention en cas d’incident. C’est une annonce de sécurité, par anticipation à d’éventuels cas d’urgence.  

Pensez-vous que cette décision mettrait à mal les relations diplomatiques entre les Etats-Unis et les pays musulmans, dont le Maroc ? Le roi Mohamed VI est d'ailleurs le président du Comité Al Qods, qui reconnaît Jérusalem comme capitale de Palestine...

Le président Trump a dit hier, et nous le pensons, que cette décision pourrait faciliter les négociations de paix entre les deux parties. Nous considérons toujours que ces questions sont relatives au statut final de Jérusalem, qui dépend des pourparlers entre Israël et la Palestine. Dans ce sens, notre président estime que c’est cette ligne de conduite qui est correcte.

Une telle décision ne raviverait-elle pas les tensions dans la région du Moyen-Orient, qui connaît déjà plusieurs tensions (Conflit en Palestine, guerre en Syrie, rapports tendus entre le pouvoir libanais et le Hezbollah…) ?

Au contraire. Le président pense que c’est une décision qui aurait dû être prise depuis des années. Il a dit également que c’est une reconnaissance de la réalité : Dans les faits, Jérusalem est le siège du gouvernement israélien. En effet, il y a plusieurs défis dans cette région en matière de maintien de la paix, et les Etats-Unis continuent à s’engager dans la résolution de ces conflits régionaux.

D’autres pays pourraient-ils suivre l’exemple des Etats-Unis et reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël ?

Je dois dire que c’est hypothétique. Nous ne savons pas ce que les autres pays projetteraient de faire.

* Centre pour les médias africains, relevant du département d'Etat américain

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