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Politique Publié

Jacob Zuma explique à son parti les raisons de sa réunion avec Mohammed VI à Abidjan

L’ANC ne voit pas d’un bon œil la réunion entre Mohammed VI et Jacob Zuma. Pour justifier ses entretiens avec le roi, le président sud-africain a sollicité l’Histoire et l’héritage de Nelson Mandela. Détails.

Temps de lecture: 2'
Jacob Zuma, président de l’Afrique du Suf / Archive - DR

Jacob Zuma est revenu, dans une interview accordée au journal City Press, sur sa réunion avec le roi Mohammed VI du 29 novembre Abidjan. Le président sud-africain a tenté de rassurer l’aile radicale de son parti qui redoute que la normalisation des relations avec le royaume se fasse au détriment du Polisario.

L’ANC s’accroche à sa politique de soutien sans concession au Front et il a tenu à exprimer ses divergences avec la nouvelle ligne politique prônée par Zuma par la voix de président de la sous-commission des relations internationales.

Une position qui ne doit pas étonner les Marocains. L’ANC avait critiqué l’adhésion du Maroc à l’Union africaine lors du 28e sommet des chefs d’Etats tenu les 30 et 31 janvier à Addis-Abeba. Zuma s’est voulu rassurant en expliquant sa démarche.

«Le Maroc est une nation africaine et nous avons besoin d’avoir des relations avec eux. Nous n’avons jamais eu des problèmes avec eux. C’est eux les premiers qui avaient rompu les relations diplomatiques.»

Solliciter l’Histoire pour rappeler aux Sud-africains l’appui de Hassan II à Mandela

Pour justifier ses entretiens avec le roi Mohammed VI, il a expliqué qu’auparavant «nous n’avons pas eu l’opportunité de les (Marocains) rencontrer. Ils s’étaient retirés de l’Organisation de l’unité africaine». Pourtant, avec la fin du régime de l’apartheid au tout début des années 90, l’Afrique du sud avait ouvert une représentation diplomatique à Rabat. Et le royaume avait fait de même. Une donnée historique que le président n'a pas souhaité évoquer.

Sur sa réunion avec le souverain, du 29 novembre à Abidjan, le président s’est montré évasif. «Nous nous sommes rencontrés et avons parlé». Il a reconnu que les deux pays ne sont pas sur la même longueur d’onde sur la question du Sahara. Et malgré ses divergences la partie marocaine, a-t-il expliqué, est en faveur de l’établissement de relations entre les deux pays.

Jacob Zuma a révélé que le roi Mohammed VI a fermement défendu l’appartenance du Sahara au Maroc. «Il a son opinion (…) Nous voulons comprendre pour se faire une idée claire et savoir d’où ils (le roi et les sahraouis) viennent. Nous respectons leurs opinions, ils connaissent mieux leurs histoires. Mais nous avons également nos opinions sur les droits de l’Homme et généralement les droits de toutes les nations".

Par ailleurs et en vue de persuader les voix réticentes, voire même opposées, à la normalisation avec le Maroc, Jacob Zuma a sollicité l’Histoire pour rappeler à la nouvelle génération de l’ANC que Nelson Mandela a appris le maniement des armes au royaume. «Ils nous ont aidé énormément», a-t-il reconnu.

C’est au cours de l’été 2004 que l’ancien président Thabo M’Beki, également issu de l’ANC, a reconnu la «RASD». Depuis, Pretoria s’est engagée dans une politique de soutien au Polisario sur la scène africaine et internationale. Et si Brahim Ghali a pu assister au dernier sommet UA-UE, il le doit essentiellement à l’Afrique du sud de Jacob Zuma.

3 commentaires
FATEM95
Date : le 04 décembre 2017 à 10h46
On voit se dessiner clairement depuis quelques mois deux grandes nouvelles tendances de la politique marocaine. D'une part l'abandon de la politique de la chaise vide, autrement dit on accepte de siéger momentanément avec la république imaginaire. D'un autre côté, le pragmatisme diplomatique, on établit des relations diplomatique et économiques avec des pays qui nous sont hostiles et qui continuent de reconnaitre la RASD. C'est le cas en Afrique et ailleurs dans le Monde. Et c'est très habile. Car comment veux-tu qu'un pays change de position quand il ne te connait pas et qu'il n'a comme interlocuteur que tes ennemis ? Avec cette politique la Maroc va certainement retourner des bastions du Polisario aussi bien en Afrique (Éthiopie, Nigeria, Afrique du Sud, Namibie, Angola, Zimbabwe) qu'en Amérique Latine (Cuba). Dans les mois à venir on va vivre probablement un retournement dans l'affaire du Sahara car l'Algérie privée de pétrodollars va être isolée diplomatiquement. On en a eu un avant-goût à Abidjan où en ayant assuré la participation du Polisario ils pensaient avoir remporté la partie mais le sommet leur a montré qu'ils étaient en division d'honneur de l'Afrique et qu'ils jouaient un rôle secondaire. J'ai lu la presse algérienne tous les jours et c'était silence radio.
Citation
"charmeur de serpent" à écrit:
D'après les déclarations de Jacob Zuma, on comprend que la politique de la chaise vide du Maroc à l'UA (l'OUA) a beaucoup desservi les intérêts de notre pays surtout en ce qui concerne le dossier du Sahara Marocain. Alger a saisi l'occasion pour induire en erreur tout un continent en falsifiant l'histoire pour servir ses propres intérêts. La rencontre entre le Roi et Jacob Zuma a donné ses fruits, au moins, elle va pousser Zuma et l’ANC à chercher à comprendre plus clairement le conflit du Sahara Occidental Marocain. Elle a aussi fait comprendre à Zuma que le Maroc n'est pas contre l’établissement de relations entre les deux pays malgré les divergences, ce qui donnera l'occasion à notre diplomatie de corriger la version erronée de l'histoire racontée par l'Algérie. Finalement, la participation du Maroc au Sommet UA-UE malgré la présence du polisario était une bonne idée et si la diplomatie marocaine réussira à convaincre l'Afrique du Sud comme elle l'a fait avec le Nigéria, Alger pourra dire adieu à son projet polisarien.
charmeur de serpent
Date : le 04 décembre 2017 à 01h17
D'après les déclarations de Jacob Zuma, on comprend que la politique de la chaise vide du Maroc à l'UA (l'OUA) a beaucoup desservi les intérêts de notre pays surtout en ce qui concerne le dossier du Sahara Marocain. Alger a saisi l'occasion pour induire en erreur tout un continent en falsifiant l'histoire pour servir ses propres intérêts. La rencontre entre le Roi et Jacob Zuma a donné ses fruits, au moins, elle va pousser Zuma et l’ANC à chercher à comprendre plus clairement le conflit du Sahara Occidental Marocain. Elle a aussi fait comprendre à Zuma que le Maroc n'est pas contre l’établissement de relations entre les deux pays malgré les divergences, ce qui donnera l'occasion à notre diplomatie de corriger la version erronée de l'histoire racontée par l'Algérie. Finalement, la participation du Maroc au Sommet UA-UE malgré la présence du polisario était une bonne idée et si la diplomatie marocaine réussira à convaincre l'Afrique du Sud comme elle l'a fait avec le Nigéria, Alger pourra dire adieu à son projet polisarien.
FATEM95
Date : le 03 décembre 2017 à 23h48
Mission accomplie. Le Roi a semé la zizanie et le doute. Il faut laisser faire maintenant. L'arbitre sera le peuple sud-africain. L'aile dure aura du mal à expliquer l'hostilité économique au Maroc au moment où l'Afrique du Sud va connaitre de plus en plus de difficultés et aura besoin d'alliés forts. Comment expliquer un politique en décalage avec son temps ? Bon courage pour l'ANC. Maintenant le Maroc doit passer au dossier de la CEDEAO et l'Afrique Orientale.
Dernière modification le 04/12/2017 10:46
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