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Société Publié

Exclusif : Saad Lamjarred face à de nouvelles poursuites en justice

De nouveau face à la justice, le chanteur marocain va devoir indemniser la société organisatrice du concert prévu le 29 octobre 2016 au Palais des congrès de Paris, puis annulé suite à son arrestation, le 26 octobre, pour viol et violences aggravés. Son entourage a refusé de rembourser les frais qui ont mené la société Cairo By Night au bord de la faillite. Détails exclusifs.

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L’annulation du concert du chanteur marocain a laissé la société organisatrice sans le sou. / DR

L’affaire Saad Lamjarred continue d’avoir des répercussions, cette fois auprès de deux tribunaux de commerce. L’annulation du concert du chanteur marocain, juste après son arrestation à Paris le 26 octobre 2016, a laissé la société organisatrice sans le sou. L’entourage de la star n’a jamais voulu verser de dédommagements malgré les pertes encourues.

Le 27 octobre dernier, une ordonnance a été émise par un juge du tribunal de première instance de Nanterre en référé, autorisant la société Cairo By Night, en charge de l’organisation du concert de la star marocaine au Palais des congrès de Paris, initialement prévu le 29 octobre 2016, à saisir «entre les mains de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem) sur toutes sommes conservées ou transitant par sa comptabilité pour le compte et/ou au bénéfice» de Saad Lamjarred. Une créance évaluée à 83 556 euros. L’ordonnance est «exécutoire au seul vu de sa minute», lit-on dans le document officiel dont Yabiladi a pris connaissance.

Deux ordonnances des juges

«Une deuxième ordonnance a été émise par un juge du tribunal de grande instance de Paris, le 17 novembre dernier», autorisant la même société à saisir une créance évaluée cette fois à «280 000 euros», indique à Yabiladi, Ilhem Bouzid, gérante de la société Cairo By Night. «Nous n’avons aucune nouvelle de la part de la famille de Saad Lamjarred, ils ne veulent pas d’arrangement, ils ne veulent pas payer», ajoute-t-elle. La justice a tranché sur ce montant puisque «c'est des dommages et intérêts. Cairo By Night ne travaille plus depuis deux ans suite à l'annulation du concert.»

Selon notre source, le chanteur aurait encaissé «la moitié du cachet prévu pour le concert qui était entre 52 000 et 60 000 euros». «Il a pris ce montant avant le concert prévu au Palais des congrès, on allait lui donner l’autre moitié le soir du concert», ajoute la gérante de la société Cairo By Night. La Franco-marocaine nous indique que l'assurance annulation ne couvre pas en cas de pénal «et dit que c'est l'artiste le fautif».

«Il est censé nous payer, sinon on va continuer à attaquer. Là, on s’est dirigé vers les tribunaux de commerce. Si ça ne marche pas, nous changerons de juridiction et nous irons vers le pénal.»

Ilhem Bouzid revient quelques mois en arrière pour remettre dans le contexte les faits qui ont mené à cette action en justice.

«L’entourage de Saad Lamjarred m’a laissée tomber lorsqu’il a fallu rembourser les frais engendrés par l’annulation du concert», indique à Yabiladi la gérante de la société Cairo By Night. Cette Franco-marocaine était pourtant enthousiaste à l’idée d’organiser le concert du chanteur : «C’est un compatriote ; je suis Marocaine. J’ai voulu faire honneur à mon pays en organisant ce concert, d’autant que c’était la première fois qu’un Marocain montait sur la scène du Palais des congrès. On a travaillé corps et âme avec une équipe de Marocains. Ils (Saad Lamjarred et son entourage, ndlr) ne nous ont pas écoutés, ils n’ont fait que ce qu’ils voulaient. On les avait pourtant prévenus de ne pas sortir les soirs précédant le concert, surtout la nuit.»

200 000 euros de dettes

L’ordonnance émise par le juge oblige donc Saad Lamjarred à payer. «83 556 euros, c’est ce que la Sacem veut bien nous donner. La justice, dans son ordonnance, nous a autorisés à bloquer le compte Sacem de Saad Lamjarred. Mais en tout, ils doivent nous rembourser 200 000 euros», relate-t-elle.

«Ils nous ont fait tourner en bourrique. Ils se sont moqués de nous.»

Excédée et à bout de nerfs, la jeune femme décide de porter l’affaire en justice. «On s’est dit qu’on n'allait plus attendre», dit-elle. L’entourage de Saad Lamjarred n’en a cure : «Ils m’ont dit ‘Si vous voulez faire des histoires et parler à la presse, c’est vous qui allez avoir des problèmes. Nous on s’en fout, on ne vous remboursera pas’.»

Ilhem Bouzid, gérante de la société Cairo By Night. / Ph. Patricia CarneiroIlhem Bouzid, gérante de la société Cairo By Night. / Ph. Patricia Carneiro

Ilhem aurait été harcelée et menacée

Les répercussions de l’annulation du concert ne sont pas seulement d’ordre financier. Ilhem Bouzid a fait l’objet de harcèlements pendant plusieurs semaines par des «gens qui voulaient être remboursés pour les places qu’ils avaient achetées, alors que c’est la FNAC qui s’occupe de ça». Certains fans «hystériques» sont allés jusqu’à accuser la Franco-marocaine de «complot».

«J’ai été menacée sur Facebook et par téléphone. On m’a traitée de complice pendant trois semaines. Ça a été la pire période de ma vie. Avec le surmenage et le stress, j’ai fait un AVC alors que j’étais enceinte de cinq mois. Heureusement, j’étais à l’hôpital quand j’ai eu l’attaque. Financièrement, c’était la catastrophe.»

Ilhem Bouzid dit avoir été contrainte d’avancer l’argent de sa poche pour répondre aux «exigences» de Saad Lamjarred, qui souhaitait par exemple «changer d’hôtel Marriott, à Porte Maillot, pour être dans celui situé sur l’avenue des Champs-Elysées». La star aurait également demandé à héberger «une équipe de 24 personnes, au lieu des huit prévues au départ lors de la signature du contrat».

«Au bout d’un moment, on n’avait plus assez de fonds pour lui. Du coup, j’ai avancé des fonds avec mon propre argent. Je pensais que tout se passerait bien, que je renflouerais le compte avec les bénéfices du concert.»

Depuis, cette mère de quatre enfants ne travaille plus. «Ça fait un an et demi que je ne peux plus exercer parce que ma situation doit être remise à jour. Tant que les prestataires ne seront pas payés, je ne serais pas reconnue dans le milieu. Qui voudrait travailler avec moi ? Personne !», lâche Ilhem Bouzid fatiguée. «Il m’a tout enlevé, je n’ai plus de motivation à cause de ça. J’ai perdu l’expérience que j’ai accumulée depuis dix ans», conclut-elle.

L'entourage de Saad Lamjarred n’a pas répondu à nos multiples sollicitations pour avoir leur version des faits.

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