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Société Publié

Etudiants non-voyants : Promesses non tenues de la faculté Souissi après l’intervention de l’AMDH ?

Une dizaine d’étudiants non-voyants ont menacé de s’immoler hier, protestant contre le refus de la faculté de les inscrire en première année. Une délégation de l’AMDH, qui s’est rendue sur place, voit là «une discrimination» pratiquée en raison de leur cécité et accuse la direction de ne pas avoir tenu sa promesse de la veille. 

Des étudiants devant la faculté Souissi à Rabat. / Ph. Twitter AMDH

Que se passe-t-il à la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales (FSJES) Souissi à Rabat ? Hier, des étudiants non-voyants ont menacé de s’immoler, a indiqué l’Association marocaine des droits humains (AMDH).

Onze étudiants non-voyants protestent contre le refus de la FSJES et la faculté des lettres et des sciences humaines de les inscrire en première année. Les deux établissements remettent en cause leur obtention du baccalauréat qui remonte à 2009, 2010 et 2011, le considérant caduc.

Hier, un représentant de l’association s’est rendu à la faculté Souissi, mais les responsables n’ont pas souhaité le recevoir, arguant qu’il ne possédait aucun document certifiant son engagement auprès de l’AMDH.

«S’engager physiquement» pour «dégager les jeunes malvoyants»

Ce matin, une délégation de trois personnes de l’association de défense des droits humains, en accord, la veille, avec le secrétaire général de la faculté, s’est déplacée à la FSJES en compagnie des étudiants non-voyants, «avec nos cartes de l’AMDH», précise Younès Bensaïd, l’un des membres de la délégation. «Personne ne nous a reçus. La promesse du secrétaire général de la faculté de nous recevoir ce matin à 8 heures pour essayer de trouver une solution n’a pas été tenue», dit-il.

«Ils ont tout simplement fermé l’accès à la faculté. Personne ne peut entrer, pas même les étudiants qui y suivent des cours. On les a empêchés d’entrer à cause de notre présence. Seuls les étudiants qui sont arrivés avant nous ont pu entrer. L’administration leur a dit que les cours ne pouvaient être assurés à cause de ces personnes non-voyantes alors que c’est bien elle qui a fermé les portes», témoigne Younès Bensaïd.

«Une discrimination»

Le militant de l’AMDH raconte que les agents de sécurité de l’établissement «ont monté les étudiants les uns contre les autres et ont mis à la porte les étudiants non-voyants». Pis encore, ils en auraient également incité certains à «s’engager physiquement» pour «dégager [de l’université] les jeunes malvoyants».

Pour Younès Bensaïd, le refus de la FSJES et de la faculté des lettres et des sciences humaines trahit «une discrimination». «C’est illégal. Des tribunaux administratifs ont rendu des jugements obligeant les facultés à inscrire les anciens bacheliers. Certains ont d’ailleurs été inscrits cette année dans la même fac. On pense que c’est parce qu’ils sont non-voyants», conclut-il.

Jointe par Yabiladi, la faculté n'a pas donné suite.

Pour rappel, parmi les onze étudiants qui se sont aspergés d’essence, l’un a ingurgité le liquide, engageant ainsi son pronostic vital. Il a été transféré à l’hôpital pour recevoir les soins nécessaires.

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