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Culture   Publié

Avec «Burn Out», Nour-Eddine Lakhmari clôture en beauté sa trilogie sur Casablanca

Nour-Eddine Lakhmari fait un retour fracassant avec «Burn Out», qui se veut une ôde à Casablanca. Des vies se croisent, des histoires naissent. A travers la multitude de personnages très forts, le réalisateur cherche à transmettre des messages pour que le spectateur réfléchisse aux enjeux de la réalité marocaine. Détails.

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Avec «Burn Out», Nour-Eddine Lakhmari clôture en beauté sa trilogie sur Casablanca. / DR

Après le succès retentissant de «Casanegra» et de «Zero», Nour-Eddine Lakhmari rempile avec le troisième volet de sa trilogie sur Casablanca : «Burn Out». En salles le 11 octobre prochain, le film surprend et émeut. La marque du réalisateur marocain est toujours aussi poignante. Dans ce film, il n’hésite pas à évoquer des sujets de société pour susciter le débat tels que l’avortement, la drogue, la pédophilie, le viol… Le tout avec pour décor la capitale économique.

«Burn Out» est porté par un casting au jeu remarquable. Nour-Eddine Lakhmari a choisi encore une fois son acteur de prédilection Anas El Baz, qui interprète le rôle de Jad, un chef d’entreprise torturé qui ne trouve plus de bonheur dans sa vie de couple et passe son temps à dépasser les records de vitesse au volant. Son monde change lorsqu’il rencontre Ayoub, incarné par Ilyass El Jihani, un jeune cireur de 13 ans qui vit dans la pauvreté avec sa mère Rabia (Saadia Ladib), unijambiste. Le garçon est le lien entre tous les protagonistes du film.

Sarah Perles, qui endosse le rôle d’Aida, crève l’écran. Interne de médecine la journée, la jeune femme mène une double vie le soir, où elle devient call-girl pour arrondir ses fins de mois. Cette dernière croise le chemin de Monsieur Faridi, interprété par Driss Roukh, un politicien ultra-conservateur contre l’avortement qui sollicite les services de Aida pour combler le vide affectif dont il souffre.

Inès, jouée par Morjana Alaoui, est mariée à Jad et n’a qu’une seule obsession : récupérer l’un des tableaux de Abass Saladi pour une exposition dans sa galerie d’art. Elle trouve la peinture chez Monsieur Ghazali, joué par Karim Saidi, un riche passionné d’art qui souffre d’une maladie qui handicape son quotidien. Fatima Ezzahra El Jaouhari interprète quant à elle Soumaya, une maquerelle qui présente des jeunes filles aux riches clients.

De gauche à droite : Anas El Baz, Karim Saidi, Nour-Eddine Lakhmari, Morjana Alaoui, Sarah Perles, Ilyass El Jihani et Fatima Ezzahra El Jaouhari lors de l'avant première du film à Casablanca, le 26 septembre. / Ph. Zaïnab Aboulfaraj  De gauche à droite : Anas El Baz, Karim Saidi, Nour-Eddine Lakhmari, Morjana Alaoui, Sarah Perles, Ilyass El Jihani et Fatima Ezzahra El Jaouhari lors de l'avant première du film à Casablanca, le 26 septembre. / Ph. Zaïnab Aboulfaraj

«La société marocaine actuelle a besoin de se remettre en question»

Le film de Nour-Eddine Lakhmari est un patchwork d’une multitude de vies et de personnages qui se croisent et viennent de milieux sociaux complètement différents. Ils sont le reflet d’une société complexe au cœur de Casablanca. D’autres personnages sont tout aussi attachants, tels que Ronda interprété par Mohammed Khiari, le chef d’un réseau de cireur qui prends sous son aile le petit Ayoub, attendri par l’amour qu’il porte envers Rabia, la mère du garçon.

«Burn Out est un film sur le sacrifice et le courage de gens ordinaires confrontés à des situations extraordinaires où les disparités sociales et économiques exacerbent leur détresse. C’est le récit de rencontres atypiques, inattendues où des personnes de milieux radicalement différents sont mises face à face décrivant ainsi la population contrastée et hétéroclite d’une grande ville», lit-on dans le communiqué de presse de «Burn Out».

Nour-Eddine Lakhmari sort un film engagé et veut faire réagir à travers son œuvre. «La société marocaine actuelle a besoin de se remettre en question et ne veut pas voir les choses telles qu’elles sont. On a la pédophilie, le viol, la drogue, on a tout ça. Soit on le confronte et on en discute, soit on va tourner le dos et laisser les autres en débattre», déclare le réalisateur à Yabiladi.

Et d’ajouter: «L’avortement clandestin existe au Maroc, on en a beaucoup. Est-ce que ça ne serait pas intelligent de légaliser ça et de le contrôler afin que nos filles, nos enfants puissent être protégés ? En tournant le dos, tout sera fait dans la clandestinité et ça sera dangereux, on aura de la stérilité et des problèmes et ça coute encore plus cher à la société. La drogue existe et nos enfants sont des proies faciles. Concernant la pédophilie, les gens sont cloisonnés dans la «hchouma» qu’on laisse faire. Combien d’enfants en paient le prix ? Faut qu’on arrête et qu’on débatte pour trouver des solutions», s’insurge Nour-Eddine Lakhmari.

Le film est porté par une bande son qui se calque à la perfection avec l’ambiance nocturne casablancaise. Malgré le nombre important de personnages, le spectateur ne se perd pas, les événements se succèdent et les émotions n’en sont qu’amplifiées.

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