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Environnement Publié

Pays où on respire le mieux : Le Maroc en milieu de tableau

Le Maroc se montre de plus en plus sensible au changement climatique ces dernières années. Ayant abrité la COP 22 à Marrakech en 2016, le pays s'est engagé à limiter les émissions polluantes. En milieu de tableau concernant la qualité de l'air, il lui reste encore du chemin pour limiter la propagation des particules fines et diminuer la mortalité due à la pollution. Détails.

Temps de lecture: 3'
image d'illustration./ DR

Une récente étude publiée dans la revue scientifique médicale britannique The Lancet, financée par la fondation Bill & Melinda Gates, fait le bilan sur pas moins de 37 indicateurs sanitaires liés aux objectifs de développement des Nations unies (ONU), sur la période 1990-2016. Trois de ces critères sont directement liés à la qualité de l'air : une notation de la qualité de l'air intérieur, de la concentration en particules fines PM2.5, mais aussi de la mortalité attribuable à la pollution, indique Sciences et avenir.

Ces 3 indicateurs sont calculés allant de 0, pour les pays où la qualité de l'air est la plus dangereuse, à 100 pour ceux qui atteignent les objectifs des Nations unies. En effet, les objectifs de développement durable de l'ONU impliquent «d'ici à 2030, [de] réduire nettement le nombre de décès et de maladies dus à des substances chimiques dangereuses et à la pollution et la contamination de l'air, de l'eau et du sol», de «réduire l'impact environnemental des villes par habitant en accordant une attention particulière à la qualité de l'air» ainsi que de réduire les risques liés à la pollution de l'air intérieur au sein des foyers, qui dépend aussi des différents modes de chauffage domestique ou de cuisson.

La Nouvelle-Zélande, l'Australie, la Suède, la Finlande, l'Islande, le Canada et la Norvège sont en tête de liste. Du côté des pays les plus défavorisés, ce sont surtout les pays d'Afrique subsaharienne, mais aussi la Corée du nord, le Pakistan, l'Inde et le Combodge qui sont touchés, avant même la chine, pourtant connue pour ses taux de pollutions records.

Qu'en-t-il du Maroc ?

Le Maroc atteint un petit 66,33/100 en ce qui concerne la qualité de l'air extérieur. Quant aux particules fines PM2,5 c'est à dire dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres, le verdict est sans appel, le score est de 48/100. En effet, les PM2,5 incluent les particules très fines et ultrafines et pénètrent dans les alvéoles pulmonaires, des sacs aériens poreux extrêmement petits qui prolongent les voies respiratoires, et où se déroulent les échanges gazeux avec le sang.

Enfin, la Mortalité induite par la pollution de l'air est extrêmement médiocre également. Le royaume est évalué à 53/100 seulement, triste constat.

«L’état de l’environnement n’est pas reluisant. Le coût de la dégradation infligée à l’environnement avoisine les 20 MMDH, soit 8,5 % du Produit national brut (PNB). Un rapport annuel établi par le département de l’environnement dresse l’état de l’environnement au Maroc. La déforestation est inquiétante, nous perdons, selon les chiffres officiels, 35.000 hectares par an.»

La pollution tue

«La pollution de l’air tue au Maroc. Des travaux épidémiologiques le confirment. Les fleuves sont pollués ; certains sont asphyxiés comme le Sebou. La richesse de la diversité biologique est menacée par l’homme qui déprave le biotope et l’habitat des animaux et des végétaux. Le littoral est soumis à des pressions aux fins d’aménagements touristiques et l’extraction scandaleuse du sable condamne le rivage de la plage», a alerté le chercheur Mohammed Bedhri, professeur à la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Oujda, auteur de plusieurs ouvrages sur la pollution et le réchauffement climatique.

Une étude éco-épidémiologique conduite dans la ville blanche entre 1997 et 2000 indiquait que 40% des maladies respiratoires constatées à Casablanca sont dues à la pollution atmosphérique. Parmi les deux sources principales de pollution atmosphérique à Casablanca, il y a lieu de citer l'industrie et le trafic routier. Les véhicules sont responsables de la détérioration de la qualité de l'air dans la capitale économique. Le trafic routier totalise 24% des émissions de dioxyde de soufre, 51% de celles de protoxyde d'azote, 48% du monoxyde de carbone et 13% des particules en suspension dite particules fines.

La pollution de l'air est devenue un des grands problèmes écologiques contemporains. Le Maroc entendait profiter de la COP22 organisée à Marrakech en 2016 pour mettre en valeur ses engagements pour le climat. Réussira-t-il à les tenir ?

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