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Société Publié

TanJazz : La participation d'une artiste israélienne suscite la controverse

TanJazz, le festival international organisé chaque année dans la ville du Détroit invite cette année Noam Vazana, une artiste israélienne, également soldate réserviste pour l’armée de l’air israélienne. Sa performance à venir crée la controverse chez certains Marocains qui voient là une normalisation des relations avec Israël.

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Noam Vazana. / Ph. BandCamp

La participation de la chanteuse israélienne Noam Vazana au festival TanJazz, qui aura lieu à Tanger du 14 au 17 septembre, fait polémique. Certains Marocains craignent que «sa présence puisse être interprétée comme une normalisation des liens avec Israël», indique le site d’information Al Arabiya. Ils réclament de ce fait l’annulation de sa performance. 

Les organisateurs du TanJazz ont indiqué que Noam Vazana participera à un concert avec la chanteuse néerlandaise d’origine marocaine Teema, ce vendredi à 23h30. Les deux artistes collaborent à plusieurs projets, notamment West East Best, un programme musical de rapprochement entre les Palestiniens et les Israéliens, ainsi que Salaam Shalom Amsterdam, qui encourage l’amitié entre musulmans et juifs. «En écoutant ces deux femmes chanter, vous vous connectez instantanément à la beauté et la joie de ces deux langues (l’arabe et l’hébreu, ndlr) et devenez conscient de la simplicité et la beauté qui émane lorsque les peuples se rassemblent», lit-on sur le site internet de TanJazz.

Or, la participation de Noam Vazana au TanJazz est loin de ravir tout le monde. L’activiste marocain des droits de l’homme et ancien détenu politique Sion Assidon, également de confession juive et coordinateur de «Boycott, désinvestissement et sanctions» (BDS) au Maroc, a déclaré à Yabiladi que cette chanteuse avait dit «lors d’une interview être fière d’avoir effectué un service militaire au sein de l’armée de l’air israélienne. Elle restera toute sa vie une soldate réserviste. Nous savons très bien ce qu’ont provoqué les bombardements de l’armée de l’air en Palestine et au Liban : des crimes de guerre et contre l’humanité du fait que de nombreux civils sont morts». 

«Elle sera toujours obligée d’effectuer le service militaire en tant que soldate sioniste» 

«Nous ne pouvons pas renoncer et justifier sa venue du fait qu’elle habite aux Pays-Bas. Elle détient la nationalité israélienne, et même si elle possède trois autres passeports, elle sera toujours obligée d’effectuer le service militaire en tant que soldate sioniste. Nous ne voulons pas qu’elle chante à Tanger», a-t-il fermement ajouté. 

Sion Assidon rappelle que dans l’interview, la chanteuse avait déclaré : «Les artistes israéliens, que cela leur plaise ou non, représentent Israël et ont la responsabilité d’avoir une présence positive lorsqu’ils jouent à l’étranger.» Il assure qu’«elle est consciente que lorsqu’elle chante à l’étranger, elle a une mission : celle de redorer l’image des sionistes. Nous sommes en train de lui fournir un endroit où elle peut le faire à Tanger. Ça n’a aucun sens». 

Le coordinateur du mouvement BDS indique que sur le site de TanJazz, «les organisateurs ont relayé un clip de la chanteuse. Je vous invite à l’écouter attentivement ; au milieu du morceau il y a le mot «Yeroushalaïm», qui veut dire Jérusalem / Al Qods en arabe. Cette femme chante à propos de Jérusalem occupée à Tanger ? Veut-elle venir nous faire prendre connaissance des crimes qui se déroulent à Jérusalem en chantant ? Ou peut-être veut-elle nous parler du nettoyage éthique dont sont victimes les habitants d’Al Qods ? Ce n’est évidemment pas le cas. Venir fredonner à Tanger sur Jérusalem est parfaitement déplacé pour une soldate de l’armée d’occupation». Il s’interroge encore : «Comment va-t-elle chanter sur Jérusalem, une ville occupée où les gens ne peuvent pas prier normalement et où les jeunes sont tués dans la rue ? Elle dépasse les limites.»

La section marocaine du (BDS) a adressé une lettre au chef du gouvernement, au ministre de la Culture et au président de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima pour réclamer l’annulation de la participation de la chanteuse israélienne au festival. Sion Assidon appelle les citoyens tangérois «à effectuer leur devoir et informer les autorités que cette personne n’est pas la bienvenue à Tanger».

«Tanger est une ville cosmopolite où la tradition de coexistence entre communautés n'est pas entachée. Ce n’est ni la ville de l’apartheid, ni celle du racisme… Les leaders historiques des mouvements nationaux au Maroc se réunissaient à Tanger. Même l’unité maghrébine a ses lettres de noblesse à Tanger… Nous ne voulons pas que cette femme vienne entacher cette image», conclut-il, ferme.

Article modifié le 12.09.2017 à 17h14

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