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Elections en Tunisie : Béji Caïd Essebsi joue la carte des droits des femmes

En Tunisie, le président Béji Caïd Essebsi table sur la carte électorale des droits des femmes pour se maintenir au pouvoir encore quelques années alors que sa formation, Nidaa Tounes, dirigée par son fils, a perdu des plumes.

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Le président tunisien Béji Caïd Essebsi. / DR
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Au Maroc, des associations féministes saluent les promesses du président tunisien d’établir l’égalité successorale et d’autoriser les Tunisiennes à se marier avec des non musulmans.

Béji Caïd Essebsi a annoncé ses projets de révision le 13 août, à l’occasion de la commémoration de la Journée de la femme dans son pays. Une fête célébrée chaque année pour rendre hommage à l’action de Habib Bourguiba. Le 13 août 1956, l’ancien président avait promulgué le Code du statut personnel, mettant ainsi la loi islamique au placard.

L’initiative de Bourguiba n’obéissait certainement pas à des considérations électoralistes mais plutôt à des objectifs politiques. En revanche, celle de son ex-ministre des Affaires étrangères (du 15 avril 1981 au 15 septembre 1986) s’inscrit dans un agenda exclusivement électoral.

Séduire l’électorat féministe et laïc

Sauf changement de programme, la Tunisie entamera d’ici la fin 2019, voire début 2020 un long marathon des urnes qui commencera le 17 décembre 2017 avec un scrutin communal, suivi des législatives en octobre 2019 et de l’élection présidentielle, dont la date n’a pas encore été annoncée.

Autant de rendez-vous cruciaux pour l’avenir de la formation qui occupe actuellement le palais de Carthage. Le Parti Nidaa Tounes, créé par Essebsi et arrivé premier lors des législatives du 26 octobre 2014, n’est plus que l’ombre de lui-même. Depuis cette victoire, il a perdu beaucoup de plumes et de cadres.

En cause, la guerre pour le leadership entre Mohsen Marzouk, l’ancien secrétaire général du Parti national tunisien (PNT) et Hafedh Caïd Essebsi, le fils du président. Celle-ci s’est terminée en 2016 par une scission ; le premier et ses amis députés ont formé leur propre enseigne politique baptisée Machrouû Tounes (le Projet de la Tunisie), considérée comme la troisième force politique au Parlement.

Dans un contexte d’incertitude politique aggravée par une croissance économique en deçà des ambitions d’Essebsi et la menace terroriste, parier sur la carte féministe pourrait permettre à sa formation de rebondir et se maintenir au pouvoir. D’autant que face à lui, le parti Harak Tounes Al Irada (Le Mouvement Tunisie Volonté), fondé par l’ancien président Moncef Marzouki, ne se porte guère mieux. A peine lancé en décembre 2015, le voilà qui subit une fronde de certains de ses membres fondateurs.

Une fois le processus électoral arrivé à terme, nous saurons alors si Béji Caïd Essebsi a gagné son pari.

Quant au Maroc, il est encore à des années-lumière de ce débat. La proposition du Conseil national des droits de l’homme (CNDH) de réviser le Code de la famille afin de permettre aux femmes de bénéficier des mêmes droits successoraux que les hommes avait été rejetée sans ménagement par le PJD, la qualifiant de «recommandation irresponsable qui constitue une grave violation de la Constitution».

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