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Terrorisme : La Catalogne, talon d'Achille de la coopération des services de renseignements maroco-espagnols

Les services secrets espagnols accusent le gouvernement autonome de la Catalogne d’avoir dissimulé des informations sur les mouvements des islamistes dans la région. La piste marocaine est ainsi écartée quant à une possible rétention d'informations.

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Photo d'illustration. / Ph. AFP
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Le terrorisme qui a frappé la Catalogne a largement bénéficié des tensions politiques entre le pouvoir central à Madrid et Barcelone. Ce qui écarte de facto la piste du Maroc - comme ce fut le cas lors des attentats du 11 mars 2004 -, si chère à certains milieux de la droite et l’extrême droite en Espagne. 

El Confidencial Digital apporte de nouveaux éléments qui convergent vers la «responsabilité» de la Généralité de Catalogne, l’organisation politique de la communauté autonome de catalane, accusée d’avoir caché au Centre national de renseignement (CNI) des informations sur les mouvements de cellules djihadistes dormantes dans la région.

El Confidencial Digital affirme que la police catalane a décliné une proposition de la Guardia Civil visant à envoyer une équipe d’experts dans la villa d’Alcanar, où une forte explosion a eu lieu dans la soirée du mercredi 17 août. Un incident qui, de toute évidence, a précipité la commission des attentats de Barcelone et Cambrils.

Les Catalans ont installé leurs propres services secrets

Citant des sources des services de sécurité, la publication espagnole révèle que les Catalans ont interrompu depuis des semaines leur collaboration avec le CNI au sujet des réseaux islamistes. Et de rappeler qu’ils n’ont informé la Guardia Civil du nombre important de bonbonnes de gaz (100) se trouvant dans la ville d’Alcanar seulement vingt-quatre heures après les attaques du jeudi et vendredi derniers.

Cette volonté de s’affranchir de la tutelle de Madrid n’est que l’expression d’une autre volonté : l’indépendance de la Catalogne. Un objectif qui passe par l’installation d’un service secret puissant doté de connexions avec ceux des autres pays.

El Confidencial Digital rappelle que la Généralité a effectivement mis en place, il y a quelques années, son propre service de renseignement et tenté vainement d’établir un échange d’informations avec les Français, les Allemands et les Israéliens. Seuls les Américains ont installé une antenne de la CIA à Barcelone.

Le Maroc ne pourrait que s’inscrire dans le sillage des Européens et des Israéliens. La coopération dans la lutte contre le terrorisme s’effectue pour l'instant à travers les canaux officiels que sont le CNI et la Guardia Civil, entre autres. Pour mémoire, en mai, les autorités marocaines avaient refusé d’accueillir le président de la Catalogne, Carles Puigdemont. 

Malgré cet incident de parcours, les services marocains sont appelés à s’ouvrir aux services de renseignements catalans. De par leur proximité géographique, ils ont une longueur d’avance sur les autres services, y compris ceux de Rabat et Madrid.

Article modifié le 22/08/2017 à 14h29

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