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Société Publié Le 17/07/2017 à 19h15

Pays-Bas : SaSaFit, une association pour lutter contre la criminalité de jeunes marocaines

Saliha Bochhah est une jeune trentenaire néerlandaise d’origine marocaine qui œuvre en faveur des femmes, notamment les jeunes filles d’origine marocaine. Grâce à sa fondation SaSaFit, elle a su apporter des réponses là où il n’y en avait pas. Détails.

L'association SaSaFit, à Gouda (ouest des Pays-Bas), offre plusieurs activités aux femmes et jeunes filles pour lutter contre la criminalité. / Ph. Facebook

Le verdict d’une étude de l’Institut néerlandais de la jeunesse, publiée la semaine dernière, est sans appel sur la situation des jeunes filles d’origine marocaine aux Pays-Bas, notamment à Gouda, une ville située à l’ouest du pays. Et pour cause, le taux d’adolescentes marocaines impliquées dans des groupes criminels a augmenté ces dernières années, d’après le journal néerlandais AD.

Il y a quatre ans, ce constat figurait déjà dans le cahier des charges des habitants de la commune, plus particulièrement Saliha Bochhah. Dans une interview accordée samedi au média, celle-ci s’interroge : «Tout le monde dort depuis quatre ans ?» En 2013, cette jeune femme a pris à bras-le-corps cette problématique en fondant SaSaFit, une association qui lutte contre ces dérives par le biais d’activités sportives gratuites.

«SaSaFit a vu le jour pour pallier le manque d’activités proposées aux femmes maroco-néerlandaises socialement et économiquement défavorisées. Pour elles, l’ennui est grand, et la recrudescence des comportements antisociaux est le résultat de ce manque d’activités. Quatre ans plus tard, nous travaillons toujours aussi dur sur cette problématique.»

SaSaFit, une alternative pour des jeunes filles en perdition

Saliha Bochhah, Maroco-néerlandaise au service de ces jeunes filles en perdition, a permis à ces dernières de retrouver le droit chemin grâce à son association, qui propose également de l’écoute. De même, elle offre des stages d’apprentissage pour les femmes et les filles migrantes ainsi que la mise en place d’activités sociales et communautaires.

Saliha Bochhah, présidente et fondatrice de SaSaFit. / Ph. DRSaliha Bochhah, présidente et fondatrice de SaSaFit. / Ph. DR

A l’origine du projet, un groupe de jeunes passionnées néerlandaises d’origine marocaine. Parmi elles, des consultantes en organisation, des professeures, des cheffes d’entreprise ou encore des conseillères en réadaptation. Leur seule motivation est d’utiliser leurs connaissances et compétences en faveur de ces femmes, qu’elles veulent rendre autonomes.

Saliha Bochhah, elle, est cheffe de projet dans le domaine de la communication bancaire. Née en 1980, cette mère de deux enfants, enceinte de son troisième, est originaire d’Imzouren et diplômée de l’Université d’Amsterdam. Elle a obtenu un master en sciences de la communication et a commencé ses actions en 2011 en mettant en place des aides humanitaires pour les personnes en difficulté.

A travers SaSaFit, son vœu est de combattre l’ennui, qu’elle voit comme l’un des «principaux coupables» des résultats inquiétants de l’Institut néerlandais de la jeunesse : «Il ne faut pas s’attendre à ce que ça aille bien si, faute de jours meilleurs, des filles particulièrement vulnérables, âgées de 10 à 15 ans, se retrouvent à traîner dans les rues.»

«Nous essayons de leur offrir ce qu’elles aiment et les aider dans leur développement. Le Muay-thaï est très populaire», explique Saliha Bochhah. «L’association SaSaFit est très portée sur le sport. Nous sommes connus en tant que salle de gym, mais nous sommes bien plus que ça. Nous voulons que tous ceux qui viennent ici se sentent bien car ils sont dans un environnement sûr.»

La salle de sport. / Ph. AD.nlLa salle de sport. / Ph. AD.nl

Le volet social est primordial pour la Marocaine, malgré le manque de soutien des autorités. «Nous aimerions faire beaucoup plus mais SaSaFit a des moyens limités. Tout ce que nous faisons, nous le faisons nous-mêmes. Nous avons aidé beaucoup de jeunes femmes, mais nous voulons et pouvons faire encore plus pour ce groupe. Pour cela, il nous faudrait l’aide de l’église par exemple», termine la trentenaire.

Les locaux de SaSaFit. / Ph. DRLes locaux de SaSaFit. / Ph. DR

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